Ils ont tenu hier un rassemblement devant l’annexe de la tutelle – Les enseignants contractuels haussent le ton

Les enseignants contractuels ont manifesté hier matin, leur courroux, en observant un rassemblement de protestation devant l’annexe du ministère de l’Education nationale sise à Ruisseau. Des dizaines d’enseignants contractuels, venus des différentes wilayas du pays, s’y sont rassemblés hier, suite à l’appel de la coordination nationale des enseignants contractuels et vacataires activant sous la bannière du conseil des lycées d’Algérie (CLA). Les enseignants contractuels ont recouru à ce mouvement de protestation pour, une nouvelle fois, réclamer leur «intégration dans des postes permanents, ainsi que le payement de leurs salaires», selon un enseignant contractuel rencontrés sur les lieux du rassemblement. Vers 13h, les éléments de la police ont embarqué une dizaine d’enseignants contractuels et ont dispersé le rassemblement. Le CLA a tenu à exprimer sa solidarité et son adhésion au rassemblement tenu par les enseignants contractuels qui ne comptent en aucun cas lâcher du lest jusqu’à satisfaction de leurs doléances. Faute de quoi, les enseignants ont décidé d’observer un rassemblement permanent afin d’inciter la tutelle à répondre favorablement à leur requête. Le CLA a dans ce contexte dénoncé le fait que «plus de 20 000 enseignants contractuels dans le secteur de l’éducation, dont la majorité a exercé plus de trois ans et dans des zones éloignées, sont toujours en attente de leur intégration et du paiement de leurs salaires». «Nonobstant les divers cris de détresse et actions entamées par ses enseignants, les responsables concernés répondent toujours par la sourde oreille et continuent dans la logique de précarisation de l’emploi par le maintien de plus 20% des postes budgétaires dans le secteur de l’éducation sous forme de contractuels ou pré-emploi annuellement», lit-on dans le communiqué de ce syndicat. Sur ce dernier volet, le CLA réitère sa revendication concernant la création de 48 000 postes budgétaires pour la rentrée scolaire 2016/2017, afin de répondre aux besoins du secteur en procédant par l’intégration de tous les contractuels et pré-emploi avant l’organisation de tout concours. Devant cette situation, le CLA reste convaincu que seule «la mobilisation et la lutte des enseignants sont capables d’arracher les droits et de mettre fin à la précarisation du métier de l’enseignant».

Le lycée Mohamed Boudiaf paralysé aujourd’hui

Les enseignants du lycée Mohamed Boudiaf d’El Madania, affilié au conseil des lycées d’Algérie (CLA), ont décidé d’entamer un arrêt de travail aujourd’hui, en vue de protester contre le manque flagrant d’encadrement pédagogique et administratif. Ce mouvement de protestation intervient également pour dénoncer l’insécurité et le désordre qui règnent dans cet établissement secondaire, ainsi que l’absentéisme des élèves. Sur ce dernier registre, le CLA a enregistré un nombre important d’absences des élèves, un fait qui n’est même pas contrôlé par l’administration de cet établissement. «Nous avons déposé un préavis de grève au niveau de la direction de l’éducation et le ministère de l’Education nationale le 8 février dernier, dans lequel nous avons signalé que nous ne pouvions pas travailler dans des conditions pareilles», a indiqué le CLA dans un communiqué rendu public hier. «Nous avons par la suite observé un arrêt de travail le 10 février passé mais aucune suite n’a été donnée à notre requête. Les promesses faites par les représentants de la direction de l’éducation sont restées lettre mortes», a déploré la même source. Cette entité syndicale a brandi la menace de radicaliser ce mouvement de protestation à travers les 50 directions de l’éducation afin de dénoncer le déficit flagrant d’encadrement administratif et pédagogique.

L. O. Challal