La Maison de la culture Taos Amrouche de Béjaïa continue son programme d’activités culturelles. Ainsi, vendredi prochain, deux animations auront lieu pour rendre hommage à l’anthropologue de l’Amazighité Mouloud Mammeri. C’est, en effet, à l’occasion de la commémoration de la mort de l’homme de science et de culture, le linguiste promoteur de l’identité amazighe ancestrale, que la Maison de la culture a tenu à rendre hommage à Da l’Mouloud. Ce dernier est né le 28 décembre 1917 dans la région d’Ath Yenni et il est décédé le 26 février 1989 à Aïn Defla. En plus de ses recherches en histoire amazighe, en anthropologie et en linguistique, l’ancien dirigeant du CRAPE, le centre de recherches anthropologiques, préhistoriques et ethnographiques a fondé le CERAM qui est un centre d’études et de recherches amazighes et a fondé la revue Awal. Il a été conférencier et auteur de plusieurs communications dans des colloques scientifiques où son nom était devenu une référence dans le domaine amazigh. L’œuvre littéraire de Mouloud Mammeri est certainement l’une des plus importantes de l’Algérie du vingtième siècle. Mouloud Mammeri que les nouvelles générations gagneraient à découvrir et à connaître, a aussi été l’auteur de plusieurs romans, dont le plus connu était «l’Opium et le bâton», rendu célèbre par son adaptation au cinéma. Vendredi prochain donc, à partir de quatorze heures, la Maison de la culture de Béjaïa a invité Fatima Malika Boukhellou à animer une conférence-débat autour d’une communication intitulée «Œuvres et parcours d’un intellectuel atypique». L’oratrice est professeur à l’université de Tizi-Ouzou. Sans doute que nos enseignants et étudiants, ainsi que le grand public seront ravis de participer à cette rencontre. Dans le programme, on trouve également une pièce de théâtre de Kateb Yacine, intitulée «Le cadavre encerclé». Elle sera jouée par la troupe théâtrale estudiantine Nova, du département de français de l’université de Tizi-Ouzou. Dans la matinée et à partir de dix heures, Akli Aït Boussaad et Ahmed Khettabi viendront animer un récital poétique. Les deux poètes ont déjà été primés lors de plusieurs festivals nationaux. Mouloud Mammeri reste l’une des valeurs sûres de l’histoire culturelle récente de l’Algérie. Heureusement que cet hommage a été programmé sinon, cet événement serait passé inaperçu. D’autres organismes comme la direction de la culture ou l’université auraient pu inviter des personnes comme les Professeurs Ali Sayad et Slimane Hachi qui l’ont personnellement connu et travaillé avec lui, et qui sont des habitués de Béjaïa pour animer d’autres conférences autour du personnage effectivement atypique de Da l’Mouloud. Espérons que ce géant ne finira pas dans une trappe et que sa mémoire ne soit pas reléguée aux oubliettes.
N. Si Yani
