L’Opep va-t-elle réduire sa production en mars ?

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L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), pourrait continuer à produire à pleine capacité durant l’année 2006, en dépit des déclarations de certains de ses membres sur une éventuelle baisse des quotas en mars prochain. La raison est à chercher du côté de la très forte demande mondiale et les nombreux problèmes géopolitiques, que traverse le monde actuellement, notamment les zones à riches réserves de pétrole, tel le Moyen-Orient. Mardi, c’est sans surprise que l’Opep a décidé lors de sa réunion à Vienne de maintenir inchangé son niveau de production, régi depuis sept mois par des quotas fixés à 28 millions de barils par jour (mbj). Le cartel se réunira à nouveau le 8 mars pour débattre de sa politique de production pour le deuxième trimestre, période traditionnellement délicate à gérer car la fin de l’hiver en hémisphère nord le conduit en général à adapter sa production à la baisse. Mais les cartes semblent quelque peu brouillées à un peu plus d’un mois de cette échéance, et les avis sur la politique à suivre divergent radicalement au sein même de l’Opep. Le ministre vénézuélien de l’Energie, Rafael Ramirez, a indiqué que l’Opep pourrait réduire ses quotas de production de 0,5 à 1 mbj à cette réunion. Et l’Iran ne semblait pas, non plus, opposé à une telle option. Le ministre saoudien du Pétrole Ali Al-Nouaïmi a, au contraire, estimé dimanche que l’Opep n’aurait « absolument pas » besoin de baisser sa production de toute l’année 2006, et insisté sur le fait que de la demande de pétrole « augmentait ». « De toute évidence, la croissance économique se poursuit », a-t-il dit. En réalité, cela fait deux ans que la demande ne baisse plus au deuxième trimestre. L’essor des pays émergents ces deux dernières années, de la Chine surtout, a contraint l’Opep à revoir sa tactique habituelle. En 2005, elle a même dû augmenter sa production au 2e trimestre au lieu de la réduire, tant la demande était forte. Pour 2006, la croissance encore solide attendue en Chine et aux Etats-Unis, et la résistance affichée par les grandes économies à la flambée du pétrole, laissent entrevoir un scénario analogue. L’Agence internationale de l’Energie (AIE) prévoit une croissance de 2,2% de la demande pétrolière mondiale cette année, après +1,3% en 2005. «Nous craignons une baisse de la demande (au 2e trimestre), mais nous nous sommes trompés déjà deux fois, donc, j’espère qu’on va se tromper une troisième fois», a déclaré mardi, selon l’AFP, notre ministre de l’Energie et des mines, Chakib Khelil. La flambée des cours depuis trois ans -revenus autour de 68 dollars à New York- assure de belles recettes aux principaux producteurs, notamment dans le Golfe, et aucun d’entre eux ne souhaite voir cette situation changer. Les problèmes que rencontrent plusieurs grands pays de l’Opep, notamment l’Iran et le Nigeria, autorisent aussi le cartel à produire à volonté sans faire baisser les prix. L’Iran va probablement voir son dossier nucléaire transféré au Conseil de sécurité de l’Onu à l’issue d’une réunion cruciale de l’Agence internationale de l’énergie atomique jeudi à Vienne. Et malgré les assurances du ministre du Pétrole, Kazem Vaziri-Hamaneh que son pays ne réduirait pas ses exportations de brut en réponse, le marché n’en restait pas moins nerveux. Au Nigeria, les menaces d’attaques contre les compagnies pétrolières étrangères installées dans le sud du pays se poursuivent. «L’Opep est aux anges», a estimé John Hall, analyste de la société John Hall Associates. «Le prix du pétrole est au-dessus de 60 dollars le baril et elle n’a besoin de rien faire, elle peut juste s’asseoir et compter son argent». Selon lui, «il n’est pas du tout certain» que le cartel ait besoin de réduire sa production en mars.

R. N et AFP

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