88 milliards au profit d'une vingtaine de douars

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Les habitants d’une vingtaine de douars de Chabet El-Ameur, notamment ceux de l’agglomération secondaire d’Ath Mekla, ont effectivement obtenu gain de cause après moult actions de protestation. En effet, ces derniers viennent de bénéficier d’une enveloppe budgétaire de 88 milliards de centimes pour l’amélioration de leur cadre de vie. L’on estime à priori que cette somme est suffisante pour la réalisation des projets de raccordement au gaz de ville, la réfection des routes et la mise en place d’un réseau d’assainissement, et ce au profit de tous les douars et hameaux concernés. Mais les travaux, pour lesquels 16 entreprises sont d’ores et déjà choisies, ne seront lancés qu’à partir du mois de juin prochain. Les pouvoirs publics justifient cet ajournement par des lenteurs administratives liées à l’engagement des entrepreneurs, mais les représentants des comités de village semblent mobilisés pour la concrétisation de ces projets d’utilité publique. D’ailleurs,  »ces derniers étaient au programme du plan quinquennal 2010-2014 », tient à rappeler l’un d’entre eux, précisant que les villageois sont toujours déterminés à faire entendre leurs principales revendications. En tout cas, c’est grâce à la série de manifestations spectaculaires enclenchées encore, durant les deux premières semaines du mois courant, surtout devant les sièges de la daïra et de la wilaya, que les autorités départementales ont promis de mettre fin à leurs atermoiements.  »Le déblocage de cette importante somme d’argent détonne de la bonne volonté de la wali actuelle, Nouria Yamina Zerhouni, de commencer à redonner vie à nos hameaux », noteront des délégués du douar d’Ath Saïd, qui dénoncent néanmoins le flagrant retard concernant l’approvisionnement en eau potable de tous ces villages recensés. En dépit de la promesse donnée par les services locaux de l’hydraulique de les alimenter en AEP en début 2015 à partir de la station de dessalement de Cap Djinet à l’occasion de la visite effectuée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, une année auparavant, ce problème reste posé.  »Le nombre des habitants a sensiblement augmenté durant ces vingt dernières années, alors que les fontaines se sont taries », ajouteront-ils, en rappelant encore qu’ils ne supportent plus l’eau des camions citernes, dont la qualité est douteuse. Les habitants d’Ath Saïd, eux, déploreront dans la foulée l’état fortement dégradé de leur collège, qui a, en fait, une garnison datant de l’aire coloniale.

Salim Haddou

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