Un terrain de proximité en jachère

Partager

Durant les années 80, les autorités locales avaient doté Tibouamouchine, village de 2 300 habitants, d’une aire de jeux de proximité qui a de tout temps profité aux jeunes de la localité et des localités avoisinantes, ainsi qu’aux élèves d’une école primaire et d’un collège situés à proximité. Au fil des ans, le manque d’entretien l’a fait sombrer dans un état de délabrement avancé. La clôture qui fait défaut et l’absence d’un gardien ont livré ce stade à des garnements qui ont totalement détruit les minuscules pièces faisant office de vestiaires. La pelouse envahie par les eaux d’un ruisseau en crue la traversant est devenue, par la force des choses, un bourbier géant plein de mares d’eau.L’aire de jeux est érigée sur des parcelles de terres appartenant à des propriétaires privés qui ont cédé grâcieusement leurs droits pour cette utilité publique, notamment pour l’épanouissement des jeunes en mal de loisirs et qui n’ont pas où aller… mai auxquels il reste à se défouler sur ce terrain de fortune. D’ailleurs, l’association de jeunes de la localité ne se privait pas d’organiser traditionnellement, chaque année sur ce terrain, un tournoi de football faisant participer les équipes des quartiers et des villages voisins. Ce tournoi se tenait au début de chaque été, lors des festivités célébrant la disparition d’un ancien footballeur de la localité lequel avait fait en son temps les beaux jours du RCS, club communal.Durant la saison estivale écoulée, pour la tenue de ce tournoi dans de bonnes conditions, les organisateurs ont fait appel à un entrepreneur privé lequel a, gratuitement, à l’aide d’une niveleuse, débarrassé la pelouse des ravinements, des saillies, des détritus et des cailloux, épargnant ainsi des blessures aux athlètes.Aujourd’hui, la frange juvénile locale se demande pourquoi les autorités locales n’ont pas inscrit la réfection de leur terrain de proximité comme l’une des priorités pour un projet d’aménagement digne de ce nom, incluant la construction de vestiaires, la canalisation des eaux pluviales et la réalisation d’une clôture.

L. Beddar

Partager