Décidément, ce "haut lieu historique" très connu pour être le bien où fut imprimée puis déffusée la proclamation du premier novembre 1954, se prépare, encore une fois, pour obtenir une autre renommée, cette fois-ci, en matière de propreté.
D’ailleurs, Ighil Imoula, car c’est de ce village qu’il s’agit, a des atouts pour recevoir cette distinction ô combien sublime, d’autant plus que le nom de feu Aissat Rabah, ex député de l’APW de Tizi-Ouzou, est collé à ce titre. En tout cas, dès qu’on commence à arpenter cette pente de Tizi N’Tletta vers ce village niché à 650 mètres d’altitude, nous ne pouvons voir aucune canette de bière ni encore moins de décharge sauvage sur cette route sinueuse. Parce que, faudra-t-il le souligner, le comité de village a déjà pris ses devants en implantant des plaques qui appellent à la protection de l’environnement. Consigne, donc, respectée. Au centre du village, commence cette propreté avec la réalisation des bancs, des fresques murales et surtout cette maison qui a servi au tirage de l’appel à l’insurrection. En parcourant les ruelles et les venelles du village, c’est le même constat. Des corbeilles sont placées sur les pylônes électriques et d’autres supports sur lesquelles on peut lire « la propreté est l’affaire de tous ». C’est ce qui nous a amenés à poser notre première question au président du comité de village, M. Ali Chérifi, accosté avec d’autres au sein du centre culturel du village, qui sert aussi pour d’autres activités, conférences, célébration des fêtes nationales, du yennayer et d’autres rendez-vous. L’histoire n’est pas en reste. En plus des affiches, des coupures de presse, des objets ayant appartenu à la guerre de libération nationale, il y a aussi une bibliothèque riche en ouvrages. «Peut être, on va participer à ce concours. On n’est pas encore prêt. Si on s’engage, il faudra honorer nos aînés», nous répondra Aâmmi Ali qui ne voulait prendre seul la décision. Et un autre membre d’ajouter: «on va participer. On va déposer le dossier et on va recevoir la commission qui nous donnera des orientations. Elles ne seront que bénéfiques pour nous». Au programme de l’association du village sont retenus des aménagements de places et d’espaces verts, nettoyage des venelles et ruelles… Profitant de cette rencontre, nous demandons à nos interlocuteurs que si le village bénéficiait tout de même des opérations dans le cadre de développement. «Nous avons bénéficié de gaz naturel. Le bétonnage des ruelles et venelles a été réalisé dans une partie, il reste encore une autre partie. Le comité fait des démarches au près des autorités pour inscrire d’autres projets au profit des citoyens», nous confiera le président du comité. Sur ce, l’autre membre nous apprendra qu’une centaine de foyers ne sont pas encore électrifiés. «Le problème a été soulevé au niveau de la direction des mines et de l’énergie. On nous a accordé une opération qui touchera dans une première étape une cinquantaine d’habitations. Mais, pour les travaux, ils ne sont pas encore lancés», précisera le deuxième membre, en même temps élu à l’APC de Tizi N’Tletta. M. Ali Chérifi reviendra, ensuite, sur l’organisation sociale des habitants dans le village. Il évoquera les volontariats, les opérations de circoncision et le règlement de conflits entre voisins. Comme dernier point, nos interlocuteurs nous parlent de l’ouverture de la bibliothèque. «Nous avons une bibliothèque fermée à l’intérieur de ce centre culturel. Avec la création de l’association culturelle Ighil Imoula, l’idée avance bien. D’ailleurs, nous avons acheté un lot de livres», nous dira un autre membre du comité. De leur côté les jeunes de l’association s’activent à tracer leur programme d’actions. Avant de quitter ce village en face du majestueux Djurdjura, recouvert d’un manteau blanc en cette fin du mois de février d’une saison hivernale peu prolifique en pluie, nous avons jeté un dernier regard sur la tombe de Dda Ali Zamoum, l’un des grands moudjahids et l’un des grands militants de la démocratie et des droits de l’homme qui a laissé quand même, ce village entre de bonnes mains. Dors en paix, Dda Ali, Ighil Imoula se souviendra toujours de toi et de tous les martyrs qui se sont sacrifiés pour l’indépendance du pays.
Amar Ouramdane

