Dans le cadre de ses activités pour la commémoration des symboles de la guerre de libération nationale, le musée du Moudjahid de Tizi-Ouzou a abrité hier, une journée commémorative en hommage au chahid Mezine Younès, connu sous le nom de Si Boudjemâa.
L’amphithéâtre du musée du Moudjahid à Tizi-Ouzou avait du mal, hier, à contenir le flux de personnes venues prendre part à l’hommage programmé. La manifestation a, d’ailleurs, vu l’affluence des gens, notamment des Moudjahidine et Moudjahidate, de différents représentants de la famille révolutionnaire, mais aussi des élèves et de simples citoyens, venus de la localité d’Iferhounène prendre part, une fois de plus, à l’hommage rendu à l’un de leurs valeureux et nombreux martyrs. Il s’agit de Mezine Younès dit Si Boudjemaâ, un grand chahid de la révolution.
Pour l’ouverture de la journée commémorative, les invités ont d’abord découvert les martyrs à travers le film documentaire réalisé par le musée régional et projeté en l’occasion. Une réalisation de 27 mn pendant laquelle la vie de Si Boudjemaâ et son parcours de combattant ont été retracés, de la bouche de ses proches mais aussi des moudjahidine qui ont eu la chance de le connaitre et de combattre à ses côtés. C’est le cas de Meziane Mohand Akli, Aït Si Ahmed Mohand Ou Idir, Si Saâdi Ouabane, Naït Larbi Saïd et autres.
C’est ainsi qu’on apprendra que Mezine Younès est né en juillet 1913 au village Aït Ali Ouyahia, où il a, d’ailleurs, grandi. Etant orphelin de mère, les conditions rudes d’antan qui le propulsent au devant afin de subvenir aux besoins de sa famille composée de quatre garçons et d’une fille, l’obligent à émigrer. Le besoins de s’intégrer dans la lutte armée se fait sentir en lui très tôt, et la rencontre qu’il avait fait en France avec Amirouche Aït Hamouda qui le conseilla de se rapprocher des militants de la région dès son retour au pays, n’avait fait qu’accélérer les choses.
Il se verra tout de suite confié la tâche de coordinateur et mobilisateur à la lutte armée dans sa région, en plus d’être membre du PPA MTLD depuis 1947. Il sera, dès le départ, pris pour cible par le colon, cela ne l’empêchera pas de doubler d’intensité pour son engagement. En 1954, il reçoit secrètement, chez lui, une délégation de moudjahidines composée entre autres d’Amirouche, Babouche Saïd et Amar Aït Chikh. L’attaque de Tizi L’djemaâ du 9 janvier 1955 sera minutieusement préparée et réussira, d’ailleurs, à porter un coup au colonisateur.
Dès 1957, il sera nommé chef de région mais demeurera très recherché. Si Boudjemaâ sera affecté à Bejaïa où il tombera d’ailleurs aux champs d’honneur, en 1957 les armes à la main aux alentours du village historique Ifri Ouzelaguene. Lors de son intervention à l’occasion, et comme à chaque manifestation du genre, le directeur du musée régional de Tizi-Ouzou, Chabane Hamcha, a souligné l’importance que revêt ce genre de manifestations.
Pour lui, il est primordial de faire en sorte que tous les témoignages soient recueillis au près des moudjahidines « tant qu’il est encore tant, et tant qu’ils sont encore parmi nous », dira-t-il. Car, pour lui, « l’Histoire est dans le détail et ce détail il faut aller le chercher chez ceux ayant vécu cette ère ». Rappelant au passage que la localité d’Iferhounène fait partie de ces régions de la wilaya « qui ont énormément donné à la révolution », d’ailleurs, le nombre de martyrs de la région dépasse les mille.
Tassadit. Ch.
