La fulgurante ascension de l’euro sur le marché informel semble avoir été freinée net ces derniers jours.
Après avoir frôlé les deux cents dinars durant près de deux mois, le prix d’un euro a commencé sa chute libre pour descendre en deçà de cent quatre-vingts dinars. «Ce n’est pas terminé les prix baissent, chaque jour, un peu plus. Ils ne se stabiliseront que lorsqu’ils seront revenus au cours du mois de septembre où le taux fluctuait entre quinze et seize», nous confie un cambiste de la place d’Aïn El Hammam. En l’espace de dix minutes, plusieurs personnes se sont présentées pour «vendre» alors qu’auparavant, «on les cherchait à la bougie. C’est cette baisse subite qui les pousse à se débarrasser de leurs stocks. Il y a un mois, ils refusaient tous de vendre leur euro, espérant en tirer plus s’ils temporisent», ajoute notre interlocuteur. Cette inquiétude gagne les nombreux spéculateurs devenus cambistes par la force des choses, car les parents sont titulaires de pensions de retraite française. Eux aussi ne se sont pas contentés de l’argent de leurs parents. L’appât du gain les a conduits à se faire un pactole en devises, en plaçant des dizaines de milliers de dinars dans l’achat de la monnaie européenne, pour la revendre plus tard. Il est vrai que la dépréciation du dinar a encouragé plus d’un à rafler toutes les devises qui leur tombaient sous la main. Les vieux retraités n’échangeaient que le minimum de la pension qu’ils recevaient de la banque devant laquelle ils étaient courtisés par les acheteurs. Mais la frénésie qu’on avait remarquée, il y a un mois, devant les banques commence à s’estomper. Plusieurs paramètres contribuent à la situation, généralement conditionnée par l’offre et la demande. Les habituels acheteurs de devise sont plus prudents, se contentant d’observer l’évolution du marché. Au niveau de la BADR, mieux approvisionnée ces derniers temps, les demandeurs de fonds se bousculent moins qu’auparavant auprès des retraités, qui mettent en vente l’argent qu’ils retirent. Connaissant les difficultés du métier qui n’obéit à aucune règle stricte, les cambistes qui hantent les quatre coins de la ville d’Aïn El Hammam sont unanimes à dire qu’ils «ignorent de quoi sera fait demain. Ce n’est pas nous qui décidons du taux à appliquer. Nous ne sommes que des intermédiaires. Nos acheteurs nous appellent d’Alger chaque jour, et au moment où des changements s’opèrent sur le marché de la devise. Nous agissons alors en conséquence».
A. O. T.

