Amdoun N’Seddouk Il se vend à 8 500 Da – Le modem 4G sur le marché noir !

Le wali de la wilaya de Béjaïa a déclaré que la fibre optique touchera l’ensemble du territoire de la wilaya. Mais malgré cela, les responsables de l’ACTEL continuent à priver les populations des quatre villages d’Amdoun N’Seddouk de la 4G.

Ce qui a fait naitre un marché noir des modems 4G qui se vendent dans ce douar en deuxième main à 8 500 dinars, chez des particuliers qui ont le privilège de les acquérir. «Je me suis présenté à l’Actel de Seddouk pour acheter un modem 4G et je fus surpris de la réponse négative que m’a donné la responsable d’agence, comme quoi le douar d’Amdoun N’Seddouk sera bientôt alimenté en téléphone fixe de type fibre optique et, par conséquent, nous n’ouvrons pas droit à la 4G. J’avais une ligne WLL qui n’est plus en service. Comme je suis habitué à surfer sur Internet, dont, je ne peux pas m’en passer, je suis allé à Beni Maouche où j’ai trouvé quelqu’un qui a accepté d’acheter un modem 4G chez l’ACTEL de Seddouk, et qui me l’a ensuite revendu à 8 500 dinars, soit 3500 le prix du modem et 5 000 dinars pour lui, pour le service rendu», a expliqué ce citoyen. La question qui se pose est la suivante : pourquoi la 4G est commercialisée à Beni Maouche, dont le projet de la fibre optique est en cours de réalisation et non pas à Amdoun N’Seddouk qui est aussi une zone rurale et son territoire est frontalier de celui de Beni Maouche ? Un autre paradoxe vient de l’Actel où un responsable de cette structure a signifié pour un membre d’une association du village Seddouk Oufella que la fibre optique touchera en 2016, uniquement, une partie du village Tibouamouchine, quant aux trois autres villages formant le douar d’Amdoun N’Seddouk, ils attendront encore quelques années. Ce membre de l’association du village de Seddouk Oufella, nous a fait part de cette information et des démarches entreprises pour demander à qui de droit la réparation de cette injustice. «Je me suis déplacé à l’ACTEL d’Akbou pour m’enquérir de l’avancement des travaux du projet de la fibre optique dans notre douar. Je suis, alors, resté hébété par la réponse qui me fut donnée par un responsable dans cette agence, relayé par un autre responsable et qui est la suivante : seule une partie du village Tibouamouchine sera branchée à la fibre optique en 2016, et le reste des villages attendra encore 2017 ou plus. Ces responsables ont évoqué la crise économique comme motif. Nous avons rédigé pour cela, une lettre que nous allons remettre au directeur général de l’Actel à Béjaïa et une copie sera remise à Monsieur le wali», a déclaré Benrabab, notre interlocuteur. La question qui reste posée est : pourquoi la fibre optique est arrivée à Imoula, un village de la commune de M’Cisna, situé à 20 kilomètres de la ville de Seddouk, alors que les quatre villages d’Amdoun N’Seddouk, situés à quelques 5 kilomètres seulement de la ville de Seddouk, ne bénéficieront pas en 2016 des prémices de l’Internet par le biais de la fibre optique, dont le réseau allant vers Beni Maouche traverse leur territoire sur une quinzaine de kilomètres. Et pourtant, ces villages avaient le téléphone fixe, depuis les années 90, qui a été suspendu en 2001, suite au vol du câble téléphonique du réseau principal par des maraudeurs. L’ACTEL n’a pas voulu le rétablir, évoquant le risque d’être volé. En 2005, ces villages ont bénéficié du téléphone à distance de type WLL, mais seulement une dizaine d’habitants ont bénéficié de lignes Internet. Le reste, une centaine, ont vu leurs demandes rejetées. Ce problème de téléphonie fixe qui dure depuis 2001 et qui n’a pas livré tous ses secrets, continue à alimenter la rumeur. Il appartient, donc, à ces responsables de l’ACTEL de venir s’expliquer avec la population qui veut savoir la vérité toute la vérité sur cette affaire. Aussi, le P/APC et les membres de son exécutif ont l’obligation de défendre ces populations qui ne les ont vus dans leurs patelins que durant la campagne électorale ou lors des mariages de particuliers ou des enterrements. Ce douar des héros, des érudits et des martyrs, qui a été le porte drapeau de l’insurrection d’avril 1871, dont les fers de lance sont les trois Cheikhs Belhaddad, et qui a donné environ 200 Chouhadas durant la guerre 1954/62, ne mérite pas un tel sort. Sa jeunesse est privée de tout : ni téléphonie fixe ni terrain de jeux de proximité ni maison de jeunes, un centre de soins sans médecin géré par un infirmier, une annexe administrative sans logiciel pour la délivrance des extraits de naissance pour des personnes nés hors wilaya et une agence postale sans facteur. Où va Amdoun N’Seddouk ?

L. BEDDAR