L’ancien ministre de l’Énergie et des Mines, Chekib Khalil, est rentré avant-hier jeudi, en Algérie, à partir de l’aéroport d’Oran. Venant des Etats-Unis, avec escale à Paris, à bord d’un avion de la société Aigle-Azur, il a été accueilli à l’aéroport d’Oran par le wali, Abdelghani Zaalane. Par la suite, Khalil a rejoint en soirée la capitale Alger, où il possède un appartement à Hydra. Ce dernier, qui était saisi et scellé par la justice en 2013 dans le cadre de l’instruction portant sur des affaires de corruption liées à Sonatrach, a bénéficié dernièrement d’une mainlevée et restitué à son propriétaire. L’information du retour de l’ancien ministre a fait le buzz sur les réseaux sociaux et sur les chaînes de télévisions privées, et pour cause, depuis qu’il a été éjecté du gouvernement en 2010, Chakib Khelil traînait avec lui des soupçons de corruption dans l’affaire de Sonatrach, particulièrement dans la relation commerciale et de partenariat que cette société nationale a contractée avec l’entreprise italienne ENI-Saipem pour la réalisation de marchés publics dans les périmètres du Sud. Chakib Khelil a été nommé ministre de l’Énergie et des Mines, le 26 décembre 1999. En 2001, il se retrouve aussi président de Sonatrach jusqu’en 2003, lorsque Mohamed Meziane a été nommé au poste de P-dg de cette entreprise publique. L’ancien ministre a été démis de ses fonctions le 28 mai 2010, suite au scandale de corruption qui avait affecté Sonatrach. Ayant quitté le territoire national pour rejoindre sa famille aux États-Unis, il fera l’objet, en août 2013, d’un mandat d’arrêt international lancé par le procureur général près la cour d’Alger, Belkacem Zeghmati. D’autres mandats d’arrêt ont été émis par le procureur, contre, entre autres, l’épouse et les deux enfants de Chakib Khelil, ainsi que contre Farid Bejaoui, responsable d’une société de prestation de service et d’intermédiation, soupçonné d’avoir reçu des commissions en contrepartie de ses « interventions » qui auraient permis à la Saipem, filiale du groupe ENI, d’obtenir des marchés auprès du groupe algérien Sonatrach. Cependant, le mandant d’arrêt émis contre Chekib Khalil a été invalidé par la chancellerie pour « vice de forme », pour n’avoir pas respecté les articles 573 et 574 du code de procédure pénale. Il s’ensuit que, officiellement, l’ancien ministre ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire.
Amar Naït Messaoud
