Daech au cœur de l’Europe

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34 morts et près de 200 blessés, tel est le macabre bilan d’une série d’explosions qui ont secoué, hier matin, la capitale belge, Bruxelles.

La première explosion, une double déflagration, en fait, s’est produite vers 8 heures du matin, dans le grand hall de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem. Une seconde détonation a eu lieu vers 9h, dans une station de métro du quartier européen à Bruxelles. Selon les derniers chiffres communiqués à la mi-journée d’hier par différentes sources au sein des services de secours et de sécurité belges, 20 personnes auraient trouvé la mort dans le métro de Maelbeeck, 106 autres auraient été blessées, dont 17 gravement et 23 « fortement atteintes ». A l’aéroport de Zaventem, 14 personnes seraient décédées et 81 autres blessées. Ce bilan risque toutefois de s’alourdir, puisque les secouristes et la police ont fait état de cas «lourds» parmi les blessés. Racontée par des rescapés, cités par des agences de presses, l’horreur était tout simplement intenable. La Belgique a vite repris ses esprits, cependant, pour prendre plusieurs mesures de sécurité. Ainsi, les autorités belges ont immédiatement décidé de relever au niveau 4, le maximum, l’équivalent du plan français Vigipirate. Les abords des lieux attaqués ont également été bouclés et de nombreux renforts, notamment militaires, dépêchés sur place, tandis que l’ensemble des trams, bus et métros de la capitale ont été mis à l’arrêt. Les liaisons de trains Thalys et Eurostar depuis et à destination de Bruxelles ont également été interrompues. La piste d’attentats terroristes a été aussitôt établie. «Deux attentats aveugles, violents et lâches», a dénoncé en effet, le Premier ministre belge, Charles Michel, lors d’un point de pesse, évoquant un bilan dramatique et « de nombreux morts ». L’enquête sur les auteurs des attentats est « en cours », ont annoncé en outre, les autorités. Par ailleurs, on a fait savoir, dans l’après-midi de ce mardi sanglant, qu’une ceinture d’explosifs intacte ainsi qu’un fusil d’assaut kalachnikov ont été retrouvés par la police à l’aéroport Bruxelles-Zaventem. La police belge a également retrouvé une ceinture d’explosifs intacte et un «colis suspect», selon le Centre de crise belge. Des démineurs ont fait exploser hier peu avant 14H00 un objet suspect à l’aéroport.

Daech revendique les attentats

Des observateurs et des agences de presse ont fait un lien entre cette série d’explosion et l’arrestation, vendredi dernier, de Salah Abdeslam, un des djihadistes auteurs des attentats de Paris, le 13 novembre passé. En tous cas, et aux dernières nouvelles, Daech a revendiqué les attentats meurtriers, ont rapporté des agences de presse et des sites internet. « Des combattants de l’État islamique ont mené une série d’attentats à l’aide de ceintures et d’engins explosifs mardi, prenant pour cible un aéroport et une station de métro dans le centre de la capitale belge Bruxelles, un pays participant à la coalition internationale contre l’État islamique » (EI), a affirmé l’Agence de presse Aamaq, liée au groupe jihadiste, citée par l’AFP. Par ailleurs, une image des « suspects » des attentats de l’aéroport, captée par une caméra de vidéo- surveillance, montrant trois hommes poussant des chariots à bagages, a été diffusée par les autorités belges. Entre temps, la Belgique a décrété un deuil national de trois jours. Ces attentats ont créé une onde de choc en Europe. Des réunions d’urgence des gouvernements ont été convoquées à Paris et Londres. La sécurité a été rapidement renforcée dans les aéroports de Londres-Gatwick, Paris Charles-de-Gaulle, Genève, Francfort et Copenhague. En France, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé un déploiement supplémentaire de 1 600 policiers et gendarmes. La sécurité a été renforcée autour des institutions européennes à Strasbourg (est) qui abrite le Parlement européen. Au Royaume-Uni, la police a renforcé sa présence «dans les endroits névralgiques», «dont les transports, pour protéger la population», a déclaré le chef de la section antiterroriste de la police, Mark Rowley. «C’est toute l’Europe qui est frappée», a déclaré le Président français François Hollande, tandis que son Premier ministre, Manuel Valls, demandait une « mobilisation de tous les instants » dans « la guerre » contre le terrorisme. Emue aux larmes, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, en visite à Amman, a déploré un «jour très triste pour l’Europe». Ces attentats «visent le cœur de l’Europe» qui «se tient debout ensemble et de manière solidaire», a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier. «Nous ne laisserons jamais ces terroristes gagner», a affirmé le Premier ministre britannique, David Cameron.

M.O.B

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