Il n’est plus question pour les enseignants contractuels et vacataires de baisser les bras. Hier encore, et en dépit du temps pluvieux enregistré ils étaient des dizaines d’enseignants contractuels et vacataires, tout paliers confondus, à se rassembler devant le siège de la Maison de la presse Tahar Djaout, sis au 1er mai à Alger. Brandissant des pancartes sur lesquels ont pouvait lire «les enseignants contractuels malmenés», «on demande l’intégration», les enseignants contractuels scandaient des slogans hostiles au pouvoir : «Nous ne sommes pas des perturbateurs», «Monsieur le Président, on demande l’intégration», «Nous sommes apolitique». Après près d’une demie heure, les protestataires ont été brutalement malmenés par les forces de l’ordre qui sont intervenus pour éparpiller la foule. Pis encore, tous les manifestants (femmes et hommes) ont été bousculés et embarqués de force dans des fourgons de la police stationnés sur place. «Ce rassemblement de protestation est l’énième et dernier mouvement de protestation avant d’observer la grève de la faim», a lancé un enseignant contractuel rencontré sur les lieux du rassemblement. Ces protestataires comptent recourir à cette ultime forme de protestation, après avoir épuisé toutes les voies de recours. «Nous avons organisé plusieurs rassemblements de protestation devant l’annexe du ministère de l’Éducation, et nous avons tenté de nous rassembler devant la présidence de la République et devant le palais du gouvernement, mais en vain», a déploré notre interlocuteur. Devant la non-satisfaction de leurs doléances, les enseignants contractuels menacent, en effet, d’enclencher une grève de la faim comme ultime recours afin de faire valoir leurs revendications. Les contractuels revendiquent «leur intégration sans conditions dans le secteur de l’éducation nationale ainsi que le paiement de leur salaire qui leur a été enlevé pendant les vacances et leur droit à la prime de rendement». Face à cette situation précaire, le conseil des lycées d’Algérie (CLA) dénonce «les agissements des responsables qui continuent dans la logique de précarisation de l’emploi et cela par le maintien de plus de 20% des postes budgétaires dans le secteur de l’éducation sous forme de contrats annuels». Le CLA a fait savoir qu’avec les 28 000 postes budgétaires ouverts pour le concours, le secteur de l’éducation connaîtra un déficit de 20 000 postes budgétaires que la tutelle sera dans l’obligation de combler, pour atteindre les 48 000 postes budgétaires dont le secteur a besoin. «Cette opération garantira la stabilité dans le secteur de l’éducation et mettra un terme à la contractualisation en adoptant une politique de recrutement qui consiste à former les enseignants dans des instituts prévus pour cet objectif», a préconisé la même source.
L.O.Challal
