Tizi-Ouzou Le secteur de logement décortiqué à l’APW – Que de projets en suspens !

La première journée de la session ordinaire de l’assemblée populaire à Tizi-Ouzou, tenue hier, a été consacrée au développement dans la wilaya et au secteur du logement. Une occasion pour les élus, à travers les commissions en charge de ces volets, de dresser un tableau peu reluisant qui n’honore guère la région.

Il s’agit de deux secteurs sensibles, sur lesquels ce sont penchés, hier, les élus à l’assemblée populaire de wilaya. Dans un premier temps, c’est le secteur de l’habitat qui sera décortiqué devant l’assistance. Un secteur marqué par de nombreux projets en retard, ou encore bloqués et non achevés. Chose qui amènera d’ailleurs le P/APW, Mohamed Klalèche, à parler, lors de son allocution d’ouverture, d’«un secteur dans une situation critique malgré l’inscription de plusieurs programmes dans des segments différents», puisque la réalisation de ces programmes n’a pas été accompagnée «d’une gestion efficace et coordonnée». Les situations les plus critiques sont, sans nul doute, celles endurées par les projets de logements sociaux participatifs / logements participatifs aidés (LSP/LPA). Nombreux sont en effet les projets en souffrances qui font endurer le même calvaire d’attente aux souscripteurs. Dans son rapport, la commission urbanisme et habitat fait état de pas moins de 810 logements du même type qui ne sont pas lancés, sur un total de 10 278 alloués à la wilaya et répartis aux quatre coins de la wilaya. Actuellement, la majorité des souscripteurs se sont organisés en associations afin de défendre leurs droits. D’ailleurs, plusieurs de ces programmes sont actuellement sous contentieux judiciaires dans le cadre des tentatives des souscripteurs d’arracher le relancement des projets. Car, faut-t-il le souligner, la majorité de ces projets sont à l’arrêt depuis plusieurs mois, voire des années. Le compte rendu de la commission de l’urbanisme et habitat, citant des cas, parle en effet d’un projet de logements localisé à Illoula Oumalou, à Tizi-Ouzou, à l’arrêt depuis 2009, un autre à Tizi-Ouzou dont l’affaire et en justice, à Timizart où les travaux sont à l’arrêt depuis 2008, comme c’est le cas aussi à Souk-El-Tenine. A Mekla, le projet et à l’arrêt depuis 2011, avec un taux d’avancement de 35% seulement, un projet similaire implanté à Tadmaït est aussi à l’arrêt d’après le compte rendu de la commission qui stipule aussi que les localités d’Azeffoun, Tizi Ghenif et Draâ El Mizan souffrent de la même situation de projets LSP/LPA non encore achevés. La commission ne s’arrête pas là puisqu’elle met en avant un autre quota du même programme géré cette fois-ci par l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI). Puisque pas moins de 1 282 logements concernant des APC, l’université et la DGSN ne sont pas encore lancés. 1 099 sont en cours de réalisation mais la cadence de l’avancement des travaux «reste insuffisante», déplore le même rapport.

810 logements LSP/LPA non lancés

La commission salue par ailleurs la mise en place du segment de l’habitat rural, qui, selon elle, «vient au secours du logement social». Un mode bien convoité par les populations de la région mais qui ne demeure pas à l’abri des problèmes. Le rapport de la commission cite en effet les coûts élevés de l’établissement des documents, la cherté de la main d’œuvre, ainsi que des matériaux de constructions. Chose qui réduit, selon la commission, la «modeste» aide octroyée. Le directeur du logement qui a fait le bilan de son secteur a pour sa part rappelé dans le même sillage, que le programme d’aide à l’habitat rural alloué à la wilaya compte 79 360 aides, comptant le programme de réhabilitation et celui complémentaire notifié aux communes. Et de ce programme, 62 313 sont achevés, 12 029 sont en cours et 5 018 non encore lancés. Pour le secteur du développement, ce sont les projets de zones d’activités et zones industrielles qui ont interpelé le plus la commission investissement, développement local, équipement et emploi. Cette dernière a, dans son rapport présenté à l’occasion, mis le doigt sur la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les 22 zones de la wilaya. A savoir les zones industrielles de Oued Aïssi (opérationnelle) et celles en projet à Draâ El-Mizan/TiziGhenif et Souamaâ. Il y a en plus la zone de dépôt de Tizi-Ouzou et enfin les 17 zones d’activités dont deux sont en projet de création à Boudjima et Azazga. D’après le même rapport, ces zones totalisent une superficie de 877 hectares pour 1 656 lots dont 881 sont affectés. Le nombre de lot vacants à ce jour est estimé d’après le rapport de la commission, à 737 dont 38 lots sont réservés aux équipements des zones. Le rapport est aussi revenu sur l’importance des zones d’expansion touristique au nombre de huit (08) totalisant une superficie de 1 973 hectares. La commission relève, malgré cela, un faible taux d’investissement dans le secteur du tourisme. Situation qu’elle impute à l’absence de financement par les banques, la lenteur des délivrances des permis de construction ainsi que l’existence de construction à l’intérieur même des ZET. Des points qui ont d’ailleurs été relevés lors des débats. Il est à noter que la session de l’APW va se poursuivre aujourd’hui pour sa deuxième journée consécutive. Il sera question, notamment, comme annoncé de la présentation du bilan du wali.

Tassadit. Ch.