Pas d’échangeur à Sidi-Aïch !

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L’espoir tant nourri quant au raccordement de la localité de Sidi Aïch à l’autoroute Est-Ouest n’a pas tardé à se dissiper pour laisser place à une grande désillusion.

L’intervention du premier magistrat de la wilaya, Ould Salah Zitouni, lors d’une émission retransmise sur la chaine privée Dzair News n’a pas tardé à s’abattre comme un couperet sur des milliers de personnes ayant entretenu un grand espoir quant au rattachement de leur localité à cette route qui n’a pas encore délivré tous ses secrets. Les réactions n’ont pas tardé à fuser pour dénoncer haut et fort cette décision, jugée arbitraire et méprisante envers les villageois et riverains de toute une région. La première personne à monter au créneau est l’édile communal de Tinebdar, Braham Bennadji. «Paradoxalement, sur le plan, l’échangeur porte toujours le nom de Sidi-Aïch, on se demande alors si les deux intervenants, en l’occurrence le wali et le directeur des travaux publics, viennent de cautionner officiellement ce changement synonyme d’injustice et de privation ou ignorent-ils les limites géographiques de la région de Sidi-Aïch ? La chose qui est sûre et certaine est que la région de Sidi-Aïch est bel et bien exclue», dixit le maire de Tinebdar. Les autorités confirment ainsi le déplacement officiel de l’échangeur vers la commune d’Ifri-Ouzellauen, coupant ainsi l’herbe sous les pieds des habitants de Sidi-Aïch et des communes limitrophes. Par ailleurs, Braham Bennadji s’est battu bec et ongle pour maintenir l’installation d’un échangeur au niveau de la localité de Sidi-Aïch, mais en vain. Depuis janvier 2015, date de la décision de déplacer l’échangeur programmé pour la région de Sidi-Aïch vers Ouzellaguen, le maire de Tinebdar n’a cessé d’interpeller les différentes autorités sur ce changement non justifié et qui privera plus de 100.000 habitants de la pénétrante de Béjaïa tant attendue. «Nous ne sommes nullement contre la mise en place d’un autre échangeur pour Ouzelaguen, mais bien au contraire, nous sommes pour la multiplication des échangeurs pour toutes les régions. L’échangeur initial de Sidi-Aïch ne dépasse pas 200 m de longueur tandis qu’à Ouzellaguen, une longueur de 2 kms est requise, ce qui engendrera la perte de plus de 200 hectares de terrains à haute potentialité agricole et la destruction de plus de 3 000 oliviers», précise notre interlocuteur. Et d’ajouter : «Une fois de plus, nous interpellons les pouvoirs publics sur cette affaire dans le souci de rectifier cette injustice, faute de quoi, chacun assumera les conséquences qui en découleront. La population de Tinebdar à travers son président, assumera les siennes». Le maire de Tinebdar ne s’est pas retenu de vanter les mérites du nouveau débarqué à la tête de l’exécutif de wilaya, mais ces éloges n’ont pas tardé à laisser place au scepticisme et à la méfiance. L’euphorie s’est vite estompée pour ne laisser paraitre que des remontrances et admonestations. Une chose est sûre, le divorce entre ces deux responsables s’annonce tonitruant et promet des rebondissements dans les semaines à venir. Au demeurant, le maire sulfureux de Tinebdar annonce la couleur et n’hésite pas à charger le wali en qualifiant cette décision de vexatoire et discriminatoire, nonobstant les moult revendications des habitants locaux. «Ce changement soudain et injuste interpelle l’ensemble de la classe politique et de la société civile, notamment les élus locaux et nationaux de la région de Sidi-Aïch, car le statut de spectateur amènera la population à prendre seule ses devants face à l’histoire», ajoute notre interlocuteur. L’éviction de la région de Sidi-Aïch de la pénétrante autoroutière est considérée par la population locale comme une exclusion injuste d’une grande région de ce mégaprojet. Ces habitants se sentent désabusés par cette décision et n’hésitent pas à dire qu’il y a anguille sous roche. «Comment peut-on évacuer les blessés si un accident survient au tunnel de la ville éponyme? doit-on les transférés à l’hôpital d’El-Kseur ou celui d’Akbou, sachant qu’un établissement de santé de la même taille est implanté dans la ville aux trois ponts ?», s’interroge un chef d’entreprise, originaire d’El-Flaye.

Bachir Djaider

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