Chorfa Ses oliveraies sont toujours subjuguantes – Arafou résiste à l’avancée du béton

L'irrigation des vergers comme au bon vieux temps dans la plaine d'Arafou, dans la commune de Chorfa, dispose de ressources hydriques non-négligeables. La localité est "assise" sur une nappe phréatique impressionnante, d'où est puisée l'eau à travers des forages et des centaines de puits.

Cette localité est parcourue également par des dizaines de sources qui sourdent des piémonts des contreforts méridionaux de la majestueuse chaîne montagneuse du Djurdjura. L’agriculture a inscrit ses lettres de noblesse dans cette commune, où l’on produit des maraîchages, des fruits et de l’huile d’olive avec exubérance. Même si le travail de la terre a reculé ces dernières années, il n’en demeure pas moins qu’il y a encore ces quelques vaillants fermiers qui travaillent avec amour et abnégation leurs terres héritées de leurs ancêtres. Il n’y a qu’à effectuer une virée dans la plaine d’Arafou pour s’en convaincre. Cette vaste superficie plate est constituée d’un tissu végétal dense composé entre autre, de milliers d’oliviers de très bonne qualité et résistants au demeurant. Les oliviers de cette région sont, pour la plupart, imposants et ont plus d’un siècle d’existence. Des dizaines d’entre eux sont devenus de véritable patrimoines « agricoles » tellement ils ont plusieurs siècles d’âge, à se fier à leurs impressionnants troncs et hauteur. L’on se demande comment ces vaillants paysans arrivent tout de même à récolter les olives de ces « monstres » oléicoles? Arafou est une véritable oasis verte et ombrageuse toute l’année. Tous ceux qui y mettent le pied tombent tout de suite sous le charme de ce petit paradis. Malheureusement, ces dernières années, l’avancée du béton a enseveli des dizaines d’hectares de ces magnifiques oliveraies qui brassent des centaines d’hectares enserrés entre la RN15 et l’oued Sahel. La construction tous azimuts et l’urbanisation anarchique ont eu raison de dizaines d’oliviers centenaires, et ce, sans pincement de cœur de la part des auto-constructeurs! Pour revenir à la première idée qui a trait à cette richesse hydrique de la commune de Chorfa, où, paradoxalement, il y survient des épisodes de pénurie d’eau potable sur le réseau de l’AEP, il y a lieu de relever ces formidables rigoles d’eau douce qui parcourent les vergers d’Arafou. Cette eau ruisselle à longueur de journée en allant irriguer toutes les cultures avec un système d’irrigation traditionnel constitué d’un réseau de rigoles enchevêtrées. Cette eau est captée à partir de l’oued Tiksiridène qui traverse cette localité d’amont en aval, pour mourir dans l’oued Sahel. Même si l’oued Tiksiridène est en proie à la pollution, il n’en est pas le cas pour l’eau qui y coule et qui provient de la fonte des neiges tombées abondamment ces derniers temps. L’eau de cette rivière est devenue limpide et moins polluée puisqu’elle circule sans stagner. Elle est captée via une rigole principale qui passe sous la RN15 et qui va, à son tour, alimenter d’autres rigoles pour l’irrigation des arbres fruitiers et des maraîchages de la plaine d’Arafou.

Y. Samir