Lbachir la Besace et le factotum de «Sfunteh-TV» n’ont d’yeux, d’oreilles et autres inclinaisons que pour les «Panamas papers», cette série de révélations sur les paradis fiscaux.
Les révélations sont formelles : notre ministre de l’Industrie est bel est bien allongé sur un hamac accroché à deux palmiers sur les plages paradisiaques du Panama. Une mobilisation à l’islandaise est, illico presto, suggérée par «El Machriqia», cette chaîne démocratiquement islamiste. Très loin des plages du Panama et tout près de Oued Ouchayeh, nos contractuels sont allongés à même le bitume de Boudouaou. Acteurs du FFCD et animateurs de l’opposition virtuelle y accourent pour les soutenir et, surtout, prendre des selfies cadrant leurs meilleurs profils et la jambe emplâtrée de Fella, la photo souvenir sera vite partagée sur leurs murs comme preuves indiscutables de leurs engagements désintéressés à côté des crève-la-faim. Les patriotes et les GLD ne sont allongés nulle part, eux. Ils battent le goudron communal pour exiger un peu du paradis en fuite à Panama. A At Rgad, l’on prépare Tafsut de la fraternité. Kaci l’Angoisse semble déphasé. Il continue à perdre la notion du temps et celle de l’espace. – Alors Kaci, on ne te voit plus ! l’interpelle Dda Militant
– Quoi, Tafsut est là ?
– Pas encore, mais c’est pour bientôt.
– Reviens dans une semaine. Là j’ai entamé «Lwali n Wedrar» de Bélaid At Ali
Contrairement à ses habitudes, Sadiya n l’Euro ne semble pas, elle aussi, très enthousiasmée par l’avènement du Printemps Berbère.
– Tu ne dis pas grand chose Sadiya. C’est cette histoire de «Panamas papers» qui te préoccupe, lui demande le vieux Dezdeg
– Pas du tout ! Ce qui me préoccupe est beaucoup plus important. Ce qui me préoccupe est, en fait, ce qui mettra fin une bonne fois pour toute aux «Panamas papers», aux méfaits des instruments à percussion, à la perversion des zaouias et leur transformation en machine à laver de tous soupçons…et de…et de…
– je sais la liste est longue. Mais dis-moi, c’est quoi cette chose qui mettra fin à tout cela ?
– L’école de Benghebrit.
Sadiya n l’Euro lui explique qu’il est temps que At Rgad soutienne Nouria, sinon l’association «Lawliya ssalihin» et les syndicats protecteurs de thawabet finiront par la faire démettre de ses fonctions
Elle développe son idée : «on verra ensemble, ce soir comment faire. Mais l’idée est de marcher sur Alger depuis Taddart avec un seul mot d’ordre : Benghebrit mon amour, Benghebrit pour toujours !»
t. ouldamar@yahoo. fr
T. O. A

