Bouira «Exploit» à l’hôpital Mohamed Boudiaf – Près de 150 enfants opérés en dix jours

L’opération, par son ampleur et son succès, confine à l’exploit et mérite, comme toutes celles qui sortent de l’ordinaire, un coup de galurin ! Jamais, en aucune année ni en aucun mois, on n’a, en effet, réalisé autant d’interventions chirurgicales à l’hôpital Mohamed Boudiaf que pendant les vacances de printemps de 2016.

Son bloc opératoire, qui a fonctionné à plein régime pendant dix jours, a permis au personnel médical d’opérer entre 140 et 150 élèves. Cette vaste opération a été orchestrée vingt jours avant les vacances par l’hôpital Mohamed Boudiaf en collaboration avec les deux polycliniques, celle de Kasdi Merbah, se trouvant au Château et l’autre baptisée Abdenour Belkaid, située à l’ECOTEC. C’est au niveau de ces deux structures qu’ont eu les consultations peu de temps, donc, avant ces congés. C’est là qu’ont été diagnostiqués les maux dont souffraient les élèves nécessitant une intervention chirurgicale. Mais c’est à l’hôpital que les jeunes malades ont été admis pour subir ces interventions. Pour les accueillir, l’établissement hospitalier a, selon son directeur, mobilisé cinq salles, trois chirurgiens infantiles, cinq médecins ORL, trois médecins réanimateurs, douze anesthésistes et vingt-quatre infirmiers. «Devant une telle affluence, nous avons été obligé d’ouvrir une cinquième salle», précisait notre source pour montrer l’urgence et le souci d’en finir avant la fin des vacances. Ce souci aussi mérite d’être souligner, car on n’a pas voulu, comme nous l’expliquait notre interlocuteur, perturber la scolarité de ces élèves. Un chirurgien opérait, selon lui, entre trois et quatre jeunes par jour. En multipliant cette performance médicale individuelle, on obtiendrait en moyenne une douzaine d’interventions par jour. Les affections qui motivaient de telles opérations comprenaient les amygdales, les végétations (adénoïde), l’ectopie, les hernies etc., toutes aussi anodines les unes que les autres, mais qui pourraient, plus tard, poser problème pour le sujet. La seule ombre dans cet hôpital, c’est le manque de réanimateurs. L’hôpital ne fonctionne plus qu’avec trois, au lieu des sept qu’il possédait. Trois d’entre eux avaient réussi leur examen pour pousser plus loin encore leurs études, le quatrième a déposé sa démission pour aller travailler chez le privé. Mais ce petit nuage dans le ciel de ce responsable n’altère en rien sa vision optimiste, car les résultats sont là. Même si le bloc a travaillé pendant dix jours à cette cadence infernale, commençant à 8 heures et finissant à 17 heures, il n’a pas interrompu un seul instant le travail face au flot des accidentés et des malades, dont l’état exigeait une intervention rapide. Ainsi, parallèlement à ce travail fait avec les élèves, le bloc a accueilli une centaine de malades ou d’accidentés en vue d’une intervention rapide. Par ailleurs, le service d’oncologie, qui vient d’être inauguré et dont la capacité d’accueil est estimée par notre interlocuteur dans une fourchette comprise entre 400 ou 500 malades, mais qui en traite actuellement 25, se met, lui aussi, à tourner au rythme souhaitable.

Aziz Bey