Lancé en 2012 avec une cadence à grande vitesse, le projet de réalisation d’un pénitencier aux normes internationales, confié à l’entreprise espagnoles Eurocasa, est à l’arrêt. En effet, c’est en novembre dernier que le marché a été résilié à cette entreprise. Il semblerait que cette dernière n’aurait pas les moyens de mener à terme un tel projet dans les délais contractuels. Depuis, on ne voit sur ce chantier sis à l’Est de la ville de Draâ El-Mizan sur le CW 04 vers Frikat que les quelques gardiens maintenus sur les lieux. Plus de vrombissements de la flotte de camions qu’on entendait de ce côté. Certes, ce projet retenu dans le cadre de la réalisation d’au moins huit pénitenciers de ce genre à l’échelle nationale a atteint un taux d’avancement moyen, mais, il reste encore beaucoup à faire pour le livrer. Parce que, disons-le, il comprendra énormément de blocs et autres espaces pour accueillir pas moins de trois cents détenus. Dernièrement, une commission s’est rendue sur les lieux afin, peut être, d’évaluer ce qu’il y a lieu de faire pour relancer ce projet. Selon un riverain, un membre de la commission qu’il avait approché lui aurait confié que le projet sera relancé incessamment. Notre source n’a pas eu vent du nom de l’entreprise qui le prendra en main. Une chose est sûre: son relancement est à l’ordre du jour. Signalons qu’à son lancement, plus de trois cents ouvriers étaient recrutés. D’ailleurs, leur mise en chômage a plongé leurs familles dans la précarité. «Nous souhaitons que ce projet reprenne. Vraiment, nous étions, quand même, un peu à l’aise en dépit de quelques petits bobos que nous subissions de temps à autre. Mais depuis, je n’ai pas encore décroché un emploi même temporaire. Il m’arrive de temps en temps d’être embauché pour quelques jours dans des chantiers privés sans couverture sociale», nous dira l’un des maçons mis en chômage. Pour rappel, comme nous l’avions déjà rapporté dans nos éditions précédentes, ce pénitencier est programmé pour remplacer l’actuelle maison d’arrêt du centre-ville à proximité de l’école de filles qui remonte à l’époque coloniale dont la promiscuité des lieux est avérée.
Amar Ouramdane
