C’est le printemps, les prés sont verts, les champs ont fleuri et les arbres aussi. Même certains oiseaux qui avaient fui la montagne ces dernières années, à cause de la pollution, sont de retour, à l’exemple des chardonnerets, des perruches et des rouges-gorges. Ces derniers jours, le mauvais temps s’est éloigné cédant sa place à un soleil ardent qui projette ses rayons sur la terre pour l’envelopper de sa douce chaleur afin de réveiller les êtres vivants de leur long sommeil d’hiver. Il nous invite à contempler et admirer toutes ces belles choses dont nous a gratifiés dame Nature, le chant des oiseaux au lever du jour et le grognement de l’eau des ruisseaux à la tombée de la nuit. Par ailleurs, en ces belles journées printanières du mois d’avril, les morilles, que nos ancêtres consommaient jadis faute de viande, ont poussé et sont sorties de terre. Un adage bien de chez nous disait : «Tchighk ayaver tetchu iwudem an tchu tchu» (Je te mange morille par manque de viande). Néanmoins, si les anciennes générations consommaient ces champignons à la tête alvéolée à défaut de viande, les gens, aujourd’hui, les recherchent pour leur délicieux goût. En omelette, frites ou mélangées à des épinards, potagers ou sauvages, ou à d’autres plantes qui poussent dans les champs ou les bois (Aghighache, vivras, etc.), ces morilles sont un mets délicieux. Des citoyens ont pris d’assaut, par groupes de 02 ou de 04, les bois à dominance d’ormeaux, les endroits broussailleux ou les lieux humides comme les abords des ruisseaux, pour y cueillir ces champignons comestibles de couleur marron. Les bons endroits sont connus de tous, notamment des amateurs de cette viande végétale. Il y en a qui en rapportent des kilos. Il est vrai par ailleurs que les champignons sont une affaire d’hommes, même si les femmes affluent également vers les champs, mais pour y cueillir d’autres plantes, telles aghighèche, qu’elles font cuire à la vapeur avant de le faire frire, les Tasmumt, Zid Almum et tuzdla qu’on consomme comme salade et d’autres végétaux comme nainaa et tiz atranine avec lesquels elles préparent des infusions, etc.
A.M
