Les enseignants du supérieur, affiliés au conseil national des enseignants du supérieur (CNES), ont tenu, hier, un rassemblement devant le siège du rectorat de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, pour demander la prise en charge effective de leurs revendications socioprofessionnelles et le départ de toute l’équipe dirigeante et de tous les responsables dont la gestion est unanimement contestée.
Trois jours de protestations ont en effet été décidés pour hier, aujourd’hui et demain jeudi. Un rassemblement s’est donc tenu devant le rectorat dans la journée d’hier et ces actions votées par les enseignants, le 11 du mois en cours en assemblée générale, expriment leur ras-le-bol quant à cette situation de blocage : «Loin de s’amender, l’équipe dirigeante continue à se rendre coupable, impunément, de dépassements et cela bien après la visite du ministre et malgré les rappels à l’ordre et les multiples incitations de ce dernier au dialogue et à l’association de la communauté universitaire à la réflexion et à la prise de décisions dans la gestion des affaires de l’université confirmant ainsi la volonté affichée de maintenir la situation telle quelle», fustige le représentant de la coordination locale du CNES, M. Samy Hassani Ould Ouali. Les protestataires demandent, en effet, le départ de l’équipe dirigeante actuelle de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, qui, pour eux, est la seule responsable de l’état de déliquescence, d’instabilité de dépérissement, et de non droit qui prévaut à l’UMMTO : «Le recteur lui-même avait affirmé auprès de plusieurs personnes qu’il allait démissionner, mais cinq semaines après en constate qu’il est toujours là et que les changements tant attendus n’ont pas eu lieu !», déplorera le coordinateur local du CNES. Ils dénoncent également les tractations orchestrées au niveau de la tutelle qui ont pour seul but le maintien de l’actuelle équipe dirigeante de l’UMMTO. «Nous attendons toujours les conclusions de la commission d’enquête ministérielle et les décisions du ministère du Supérieur qui tarde à venir et ce malgré la gravité de la situation qui prévaut à l’UMMTO. Toutefois, nous espérons une intervention rapide de la tutelle pour mettre fin à cette situation inextricable qui n’arrange que le pêcheur en eaux troubles», conclura M. Ould Ouali. La faculté des sciences économiques est paralysée à 100%, et ce malgré la démission d’un nombre important de son staff administratif. Les raisons de cette situation inédite à l’UMMTO incombe à la demande de remplacement «immédiat» de la doyenne de cette faculté par les étudiants et certains enseignants de cette faculté et qui n’a pas été satisfaite : «Même avec la démission de la majeure partie de la direction de cette faculté le problème persiste toujours», soutiendra M. Ould Ouali, ajoutant : «Il n’échappe à personne que nous sommes dans une période très sensible et nous avons du mal à comprendre le maintien de responsables qui ont fait le vide autour d’eux et l’unanimité contre leur gestion et leur pratiques, quitte à plonger l’université dans un avenir incertain». Pis encore, poursuivra le syndicaliste, «cette même doyenne est allée jusqu’à se rendre coupable d’une faute professionnelle du troisième degré en soutirant du service des personnels local des dossiers de certains enseignants qu’elle garde chez elle avec des desseins, le moins qu’on puisse dire, sournois et obscurs».
Taous C

