Des dizaines de citoyens de la commune d’Oued Ghir ont répondu favorablement, jeudi dernier, à l’appel de leur P/APC pour une action de protestation, observée à l’entrée du chemin menant vers le CET Sidi Boudrahem, dans le village Ibachirene, en vue de réclamer sa fermeture ou, à défaut, sa mise en conformité. À travers cette action de rue, les protestataires ont voulu également apporter leur soutien à leur maire, qui a dénoncé via une déclaration-appel, «un acharnement sur sa personne par le dépôt de deux plaintes contre lui par le wali et le P/APC de Béjaïa». Craignant le pourrissement et soucieux d’apaiser l’atmosphère électrique qui règne, ces deux dernières semaine, dans la commune, le wali de Béjaïa a pris l’initiative d’appeler le P/APC d’Oued Ghir, Yacine Ramdani, à la table de dialogue pour trouver une solution convenable à ce problème, et ce, «dans un cadre responsable et serein», «loin des hostilités». Cet appel a reçu un écho favorable de la part de l’édile communal d’Oued Ghir, qui s’est rendu au bureau du wali, accompagné d’anciens moudjahidines, d’élus de son exécutif et de deux présidents d’associations locales. «Cette réunion a permis d’éclaircir plusieurs points et malentendus. D’abord, concernant la plainte déposée contre le P/APC, le wali a affirmé devant tout le monde qu’il n’a pas visé le maire ou l’APC d’Oued Ghir, car elle a été déposée contre X», nous a expliqué Brahim Taherbilt, président de l’association du village Helil. Cette déclaration du wali a eu l’effet de soulager autant le maire que la population d’Oued Ghir. D’un autre côté le premier magistrat de la wilaya a rassuré les citoyens d’Oued Ghir concernant l’authenticité des engagements qu’il a déjà pris pour la mise en conformité de ce CET aux normes requises. «Lors de cette réunion, le wali nous a confirmé que les démarches pour l’installation d’une station de traitement des lixiviats ont été déjà entamées. Le budget nécessaire a été dégagé et quatre entreprises ont soumissionné pour le moment», a ajouté notre interlocuteur. Quant au problème des odeurs nauséabondes, le wali de Béjaïa, selon toujours M. Taherbilt, a annoncé que des pulvérisateurs de traitement des mauvaises odeurs ont été acquis et seront employés incessamment. L’utilisation de ces pulvérisateurs mettra fin, indique-t-on, aux odeurs écœurantes, en détruisant les molécules qui en sont responsables. Toutefois, ce qui a rassuré semble-t-il, la population d’Oued Ghir est l’annonce faite par le wali d’une éventuelle réalisation d’un centre de tri de la wilaya, lequel remplacera ce CET, dont la durée de vie ne dépasse pas une vingtaine d’années, s’il est fait bien entendu suivant les normes internationales. Actuellement, les déchets déversés dans le casier de ce CET sont compactés à l’aide d’engins spécialisés pour réduire leur volume et minimiser les odeurs, en attendant donc l’installation d’une station de traitement du lixiviat chargé en éléments polluants. Selon des spécialistes, le lixiviat récupéré des casiers doit être traité filtré et purifié avant d’être rejeté afin d’éviter la dégradation des sols, de la nappe phréatique et des rivières.
Boualem Slimani
