Vibrant hommage au chahid Saïd Toursel

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Dans la matinée d’hier, 16 avril, journée du savoir, l’école primaire du village Ichoukrène a célébré non seulement cet évènement mais a également rendu un vibrant hommage au chahid Saïd Toursel, dont elle porte le nom. C’est, donc, au niveau dudit établissement d’enseignement primaire qu’a eu lieu cette cérémonie, en présence des membres de la famille du chahid et de leurs proches, ainsi que de nombreux responsables, dont MM. Abdelmadjid Tabet, Mokrane Hamoudi, respectivement chef de la daïra de Draâ El-Mizan et président de la commission des investissements à l’APW, aux côtés de ceux de l’ONM, du directeur du musée de M’Douha ainsi que des chefs des kasmas des moudjahidines de Draâ El-Mizan et d’Aït Yahia Moussa. Ainsi, dans une longue procession composée notamment de presque la totalité des élèves de l’école, les présents se sont rendus au cimetière du village, situé à quelques centaines de mètres de l’établissement, où fut réinhumer le chahid après l’indépendance, pour le dépôt d’une gerbe de fleurs, la lecture de la Fatiha du Saint Coran et l’observation d’une minute de silence à la mémoire de tous les chouhada de la révolution. Après quoi, il a été procédé à l’inauguration d’un portrait du chahid à l’intérieur de l’école avant que tous les présents ne soient conviés à rejoindre la grande salle du réfectoire où ils assistèrent à la projection d’un reportage retraçant le parcours du chahid Saïd Toursel, réalisé par le musée régional du moudjahid de Tizi-Ouzou. «Le chahid Saïd Toursel est né au village Ichoukrène, relevant de la commune de Draâ El-Mizan en 1903 dans une famille nombreuse qui compte pas moins de 11 frères et sœurs. À peine vingt ans atteint, comme tous les jeunes de la Kabylie de son âge, il émigre en France pour aider sa famille à survivre et c’est dans la région Lyonnaise qu’il atterrit et où il est embauché dans une usine de fabrication d’aluminium. Conscient de l’oppression coloniale et avide de liberté il n’hésite pas à adhérer, en 1926 jusqu’en 1936, au sein de parti de l’Etoile Nord Africaine (ENA) avant de rejoindre, à sa création, le PPA. De retour au pays, traqué puis arrêté plusieurs fois par les autorités françaises, il subira et endurera toutes sortes de tortures et de sévices à la prison de Draâ El-Mizan, ce qui le poussera tout naturellement à rejoindre les premiers maquisards avec les Krim Belkacem, Amar Ouamarane, Ali Mellah et Si Moh Touil entre autres. Au demeurant, avant le déclenchement de la révolution, le chahid Saïd Toursel, en homme infatigable, s’occupera à sensibiliser son entourage, à vulgariser les idéaux de son parti, le PPA/MTLD, à travers la distribution du journal clandestin ‘Algérie Libre’ au marché hebdomadaire de Draâ El-Mizan. Au jour J et à l’heure H du déclenchement de la révolution, dans la nuit du premier novembre 1954, il signe sa participation, dans une action menée dans la région. La révolution est engagée, le chahid Saïd Toursel est donc l’un des premiers éléments de l’armée de libération nationale (ALN) et participe à de nombreuses attaques et embuscades contre l’armée de l’occupant jusqu’au 28 août 1956 où il tombe au champ d’honneur après avoir été accroché par l’ennemi près d’un de ses abris aménagés au lieu-dit Oudhrou. Le chahid Saïd Toursel laissera une veuve et quatre enfants en bas âge, âtmâ (l’aînée) décédée l’an passé Ahmed, Mohamed et Rabah, toujours en vie», a-t-on relevé de ce documentaire. Par ailleurs, le témoignage le plus poignant sur le chahid ainsi que sur cette période fut incontestablement celui de la veuve du chahid Yahiaoui. En outre et avant la clôture de cette commémoration, des diplômes d’honneur ont été remis à toutes les familles des chouhada du village, dont le nombre s’élève à 24 alors que la chorale des élèves de ladite école, vêtus de leurs plus beaux habits, dont les filles parées de beaux bijoux kabyles et qui ont enfilé de belles robes ont donné un air de fête à cette cérémonie.

Essaid Mouas

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