Pour un beau cadeau, s’en est vraiment un ! Ahsene Taleb, le militant de la cause berbère décédé le 31 mais 2015 en France, dans un hôpital parisien, des suites d’une longue maladie, a consacré plusieurs années de sa courte vie à l’écriture de ce livre qui vient de sortir chez les éditions Achab à titre posthume, à l’occasion du 36ème anniversaire du printemps amazigh. Un livre consacré à la tribu qui l’a enfanté mais pas seulement, puisqu’il aborde «l’histoire de toute la région de la Kabylie depuis l’antiquité». Un grand travail de recherche et son sens de déduction ont, en effet, remis les pendules à l’heure. Dans cette œuvre de 148 pages, feu Taleb a levé plusieurs points d’ombre sur l’histoire de sa tribu Aït Abdelmoumène et la région de Kabylie. Aux premières pages de ce livre, il a, en premier lieu, parlé de la situation géographique de son village et de la confédération des Aït Aïssi. Il a abordé ensuite, l’histoire de la région depuis l’antiquité. Il s’est aussi penché sur les périodes musulmane, turque et française. Il racontera la venue de l’Emir Abdelkader à Sidi Ali Moussa et de Bou Beghla à Aït Abdelmoumène, l’insurrection de 1871 et d’autres éléments de l’histoire d’Aït Abdelmoumène. Il a disséqué ensuite, l’apparentement des familles par nom patronymique et l’attribution des noms aux familles. L’écrivain a aussi évoqué dans son œuvre l’exode et l’émigration, les soldats du village tombés en terre européenne lors de la première guerre mondiale, les figures nationalistes de la tribu et les martyres de la glorieuse révolution. Feu Ahsene Taleb a, pour finir, rappelé l’ouverture de la première piste carrossable et l’école primaire. Un livre très travaillé qui vient non seulement de lever beaucoup de zones sombres sur l’histoire de la région du massif central du Djurdjura, mais aussi qui fera office de repère pour les historiens chercheurs. Un livre à lire et à relire. Rappelons que l’auteur est né le 18 janvier 1955 à Aït Abdelmoumène. Il a fait ses études secondaires au lycée Amirouche de Tizi-Ouzou et au lycée technique de Dellys. En 1975, il obtient son Bac avec distinction. Il a poursuivi ses études au canada et obtint son diplôme d’ingénieur en mécanique. En 80, il rentre en Algérie pour travailler à Hassi Messaoud. En 83, il intègre l’université de Tizi-Ouzou. Un acteur actif du mouvement culturel berbère qui a contribué à la rédaction de la revue Tafsut, d’ailleurs plusieurs numéros ont été tirés clandestinement chez lui à Aït Abdelmoumène. Il participera aussi à l’élaboration de dictionnaire informatisé de la langue berbère, et contribuera à la création de la maison d’édition TIRA. En 89, il s’oppose au démantèlement du MCB. Sur le plan politique, il apporte un soutien critique au FFS. En 96, il s’installe en France et prend un poste d’enseignant de sciences physiques et s’inscrit en 3ème cycle de linguistique berbère. Ahsene Taleb est décédé le 31 mai 2015, dans un hôpital de la région parisienne, des suites d’une longue maladie. Signalons qu’un collectif regroupant les membres de sa famille, ses amis et tous ceux qui l’ont connu, s’attelle à organiser une grandiose cérémonie qui se tiendra à Ouadhias, à la date anniversaire de sa disparition pour lui rendre un grand hommage.
Hocine T.
