Malgré que tamazight se retrouve en position de langue officielle, des marches ont eu lieu, hier, pour revendiquer sa prise en charge réelle. Trois mouvements ont appelé à des marches qui se sont faites distinctement les unes des autres. Le parti du RCD, le mouvement des universitaires qui demandent par la même occasion le respect des franchises universitaires qui ont été violées par les services de sécurité apprend-on auprès de l’un des animateurs du mouvement, et enfin, le mouvement pour l’autonomie de la Kabylie qui a regroupé le plus grand nombre de marcheurs. Il est vrai que tamazight est désormais langue officielle, mais il est plus que nécessaire de la prendre, effectivement, en charge pour la développer comme il se doit. Avec sa consécration dans la nouvelle constitution, son développement doit se faire sur la base d’instruments juridiques et réglementaires que l’État doit mettre en place. En attendant l’ouverture d’une académie berbère, le haut commissariat à l’amazighité a initié en collaboration avec l’université de Tizi-Ouzou, un colloque pour parvenir à confectionner des dictionnaires monolingues amazighs. Tel est l’objectif principal que s’est assigné ce colloque international tenu, du 12 au 14 mars derniers, au campus d’Aboudaou de l’université de Béjaïa. Cette rencontre scientifique, qui s’inscrit dans le sillage de la constitutionnalisation de tamazight comme langue nationale et officielle, vise à adapter la “nouvelle feuille de route” du HCA en prenant en charge des questions récurrentes et prioritaires liées au nouveau statut de tamazight. Par ailleurs, le département de Benghebrit a augmenté le nombre de postes d’enseignants en tamazight à répartir entre les différents paliers de l’enseignement. Les directeurs de l’éducation nationale ont été saisis à l’effet de faire des efforts pour que tamazight soit enseignée dans vingt wilayas alors qu’actuellement, elle ne l’est que dans onze wilayas du pays. L’objectif, à long terme, est de généraliser son enseignement à toutes les wilayas du pays.
A. Gana
