« SDF Mais… ! », une pièce de théâtre de l’association culturelle Aghbalou de la commune d’Attouche, dans la daïra de Makouda, sera projetée sur le grand écran. Ainsi, le passage du 4ème au 7ème art s’est fait sans encombre par cette équipe dirigée par le réalisateur Draoui Sid Ahmed.
Ce film d’action de 80mn tourné en langue amazighe aura par la suite sa version arabe. Il retrace la vie des SDF au nombre de six, ayant chacun(e) une histoire particulière et des causes personnelles qui les ont poussés à quitter le cocon familial. Ils se retrouvent dans une vieille bâtisse, inhabitée. Ils sont dirigés par un chef pragmatique El Fahd, le plus âgé de tous, connu pour sa sobriété et son calme. Il est compris de tous car de bonne moralité et son histoire est inconnue. Pour subvenir à leurs besoins, les ‘’éléments’’ SDF organisent des spectacles pour enfants sur les lieux mêmes de leur résidence de fortune. Houda dénommée «danger» est victime du divorce de ses parents qui se sont remariés chacun de son côté. Elle est la fille rejetée accueillie par la rue avec tous ses ingrédients. Amina «Deblet El Aïn» est une fille née sous X et qui a fugué de l’établissement d’accueil pour se retrouver dans la rue. Ouahid est un garçon qui ne manquait de rien au sein de sa famille riche et aisée, sauf l’essentiel : l’amour familial, car les parents sont constamment occupés par leurs affaires et le gosse se trouve délaissé. Il décida alors de quitter les parents pour un autre groupe qui s’occupera de lui : les SDF. Toufik «El Khechkhache», le plus instruit de tous ayant un diplôme de magistère, n’arrive pas à décrocher un emploi. Il en avait assez d’être à la charge de ses parents. Il préfèra changer d’air et rejoignit alors la rue. Hamza dit «La Camora» est un féru de la drogue. Il est menacé par ses parents qui voulaient qu’il cesse de la consommer mais il a choisi de quitter le toit familial pour se retrouver au final avec le groupe SDF. Et c’est le déclic … Tout a commencé par un différend entre les SDF et le groupe «Mamatraki», spécialiste dans la commercialisation et la consommation de la drogue. El Fahd, le chef, demanda à ses éléments d’espionner les Mamatraki et de recueillir toutes les informations nécessaires concernant la provenance et l’écoulement de la drogue. Les SDF ont suivi à la lettre les instructions du chef et découvrent le pot aux roses : «Après l’opération d’espionnage, ils surprennent les Mamatraki en flagrant délit en train de déplacer une grande quantité de drogue vers l’Est du pays. Une souricière fut aussitôt tendue. La police est rapidement intervenue pour découvrir la marchandise qui allait changer de destination. L’envoi a été retardé car il y avait un problème de fille dans cette affaire. Une opération minutieuse et très réussie car dans le groupe s’est infiltré un officier de police qui dirigeait l’affaire en question ; cet officier n’est autre qu’«El Fahd». Il est à noter que le tournage de ce film a débuté le 22 février 2016 dans les wilayas de Boumerdès, Tizi-Ouzou et Alger. Il sera projeté dans les prochains jours, mais la date n’est pas encore arrêtée. Pour cette association, c’est un coup de poker : réussir à tout prix ce film qui tenait tant à cœur au metteur en scène Sid Ali Draoui, devenu réalisateur, et au président de l’association, Mabed Smaïl. Lors de sa visite, la veille de la commémoration du Printemps berbère, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ould Ali El Hadi, a reçu un CD de ce film en guise de remerciements pour le soutien qu’il avait apporté à l’association Aghbalou, alors qu’il était directeur de la culture.
Arous Touil

