«Pourvoir tous les foyers en téléphone et internet»

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Le directeur d’Algérie Télécom de la wilaya de Béjaïa, M. Hand Khemis en l’occurrence, que nous avons abordé, a bien voulu répondre à nos questions et nous parle dans cet entretien du secteur des télécommunications dans la wilaya de Béjaïa et de plusieurs autres points.

La Dépêche de Kabylie : D’emblée, parlez-nous d’Actel dans la wilaya de Béjaïa. C’est-à-dire les agences, le nombre d’abonnés…?

M. Hand Khemis : Tout d’abord, il faut préciser que je suis directeur d’Algérie Télécom au niveau de la wilaya de Béjaïa et qu’Actel est le sigle de l’agence commerciale des télécommunications. En 2003, le secteur a été scindé en deux entités indépendantes, Algérie poste et Algérie Télécom. Cette dernière possède une direction opérationnelle au niveau de chaque wilaya, laquelle gère un réseau d’agences Actel et des points de présence, une sorte d’annexes, qui leur sont rattachés. Au niveau du territoire de la wilaya de Béjaïa, nous avons six agences commerciales et sept points de présence. L’agence d’Akbou, par exemple, gère trois points de présence ouverts à Seddouk, Ighil Ali et Tazmalt. Pour ce qui est du nombre d’abonnés, au niveau de notre wilaya, nous avons 91.825 clients dans la téléphonie et 72.270 abonnés à l’internet, dont plus de 16.000 à la 4G-LTE.

Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs la technologie 4G-LTE ?

Avec plus de 16.000 abonnés en une année et une trentaine de stations, nous pouvons dire que la 4G est privilégiée dans notre wilaya. Les stations 4G-LTE sont installées comme solution palliative dans les régions isolées. C’est vrai qu’avec cette technologie, les clients ont Internet mais parfois certains n’ont pas un bon champ de réception par rapport au relief montagneux. Il faut beaucoup plus de stations. Mais avec le MSAN, le nœud d’accès multiservices, prévu pour remplacer tous les anciens centres par de nouveaux équipements, l’amélioration se fera en deux opérations de modernisation et de développement, et pour la téléphonie et pour Internet.

Donc il y aura des équipements neufs pour Béjaïa ?

Actuellement, nous avons 70 nouveaux équipements en cours de déploiement, dont 16 sont déjà fonctionnels. La modernisation par le biais du basculement vers la fibre optique au nombre de 29 et les 41 autres équipements entrent dans le cadre du développement et sont réservés aux villages dépourvus d’Internet et de téléphone filaire, c’est-à-dire le fixe. Mais sinon, le programme annuel de cette année dépassera largement la centaine de nouveaux équipements à installer.

Justement, où en êtes-vous en matière de généralisation de la fibre optique ?

En matière de couverture en fibre optique, il est utile de rappeler qu’en 2014, il y avait 33 chefs-lieux communaux qui étaient raccordés au réseau de la fibre optique alors que les 19 autres ne l’étaient pas. Donc, à mon arrivée, cette année-là le premier choix était de raccorder ces derniers à la fibre optique. Tout a été lancé et actuellement 8 chefs-lieux ont été raccordés et les 11 autres sont en cours. Sur ces 11, Tamokra, Boukhelifa et Béni K’sila ont vu le chantier s’arrêter suite à la défaillance de l’entreprise en charge de ces trois projets. Nous avons engagé la procédure de résiliation pour attribuer ces trois lots à d’autres entreprises. De toute façon, tous les chefs-lieux communaux seront raccordés à la fibre optique avant la fin de l’année en cours. Pour les villages, sur la trentaine dépassant le millier d’habitants, 15 ont vu leurs projets lancés cette année et viendra le tour pour les autres prochainement. L’objectif est de raccorder l’ensemble des abonnés à la fibre optique et pour cela, nous devons solliciter l’aide des APC et d’ailleurs quelques unes, à l’instar de Tibane, M’Cisna et autres, ont déjà donné l’exemple en y contribuant. Je saisis l’occasion pour rendre hommage à toutes les mairies qui nous ont aidés pour améliorer les prestations à nos abonnés qui sont leurs concitoyens.

Mais il reste un point noir qui n’est autre que les coupures fréquentes d’Internet. À quoi sont-elles dues ?

La plupart des coupures sont dues à la vétusté des réseaux. Donc, tout ça est source de dérangement. Mais comme je viens de le dire, nous allons reprendre tous les réseaux et les moderniser. Pour l’année en cours, Béjaïa a inscrit 35.000 paires à assainir. Quand il y a une coupure générale, c’est la fibre optique qui a été agressée par des travaux et autres. Sinon, la réhabilitation des autres coupures ne saurait dépasser les 2 à 3 heures.

Et au niveau des agences, selon vous, les préposés aux guichets, remplissent-ils convenablement leur tâche ?

Nous essayons de demander à nos agents d’être le plus accueillants possible et de donner le maximum d’explications aux usagers. Par ailleurs, nous leur demandons, également, de ne pas donner de promesses sans lendemain. Ils sont tenus de prendre en charge les doléances des citoyens et tout dépassement est sévèrement sanctionné.

Bien ! Et le E-payement, c’est quoi ?

Son appellation «Khlass», fini en français, veut tout dire. Fini pour la question de payement comme c’est fini pour les chaines interminables pour procéder, justement, à ce payement. Pour cela, il suffit de remplir un formulaire au niveau de la poste pour autoriser la ponction sur le compte CCP et ouvrir un compte dans l’espace clients pour souscrire officiellement à E-payement. Cela facilite les choses aux usagers.

Pourtant les cartes de recharge, par exemple, sont toujours vendues au niveau des guichets et il faut faire la chaine pour les acheter…

Non, ce genre de situations ne peut plus exister. Nous voulons mettre un terme à ces cartes en les remplaçant par des tickets imprimés directement par les préposées aux guichets. Cela ne doit pas prendre beaucoup de temps et ne nécessite pas de faire la chaine. Il se pourrait que certaines agences ne respectent pas les consignes.

Nous vous laissons le soin de conclure…

En ma qualité de directeur opérationnel des télécommunications de la wilaya de Béjaïa, je me suis fixé l’objectif de relever le défi de mettre à la disposition du maximum de citoyens l’accès à Internet. Ma mission ne sera accomplie, par conséquent, qu’après que tous les foyers soient raccordés au téléphone filaire et à Internet. Algérie Télécom doit répondre à ces exigences qui sont, aujourd’hui, une nécessité au même titre que l’eau et l’électricité.

Entretien réalisé par A. Gana

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