Ces travaux qui s’éternisent

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Des villageois de l’arrière-pays de la ville de Béjaïa se plaignent de la lenteur des travaux de terrassement pour l’acheminement du gaz de ville dans les villages.

Ces travaux entamés depuis octobre 2015, incommodent énormément les habitants des villages et au rythme où ils sont menés, ils ne sont pas prêts de s’achever. Les chemins communaux qui vont des routes nationales ou des chemins de wilaya vers les villages qui sont pour la plupart réalisés en tri-couches, sont à moitié défoncés et si rétrécis qu’à certains endroits, les travaux de terrassements ont rendu impossible le croisement de deux véhicules. «Et comme souvent, ces routes sont escarpées et tortueuses, les manœuvres de marche arrière ou de demi-tour sont très risquées», prévient Si Tahar, chauffeur de taxi qui habite dans un village que l’on prévoit d’alimenter en gaz de ville. Le moindre coup de volant de trop menacerait d’envoyer le véhicule et son conducteur au fond du ravin. «Alimenter les villages en gaz de ville, c’est très bien et c’est le rêve de tout le monde. On finira avec le transport et les pénuries des lourdes bonbonnes de gaz butane, et le gaz de ville est plus propre et permet de se chauffer en hiver en toute sécurité. Ce que l’on reproche aux entreprises de terrassement, c’est de ne pas remettre la route en l’état, une fois les canalisations posées, ou à défaut, en attendant la remise en l’état définitive, pourquoi ne pas tasser fortement la terre des tranchées pour permettre aux véhicules de rouler dessus sans risque de s’y enfoncer et de s’y embourber», continue Si Tahar… «À l’intérieur des villages, c’est encore pire», ajoute interlocuteur en proie à l’énervement. Les ruelles bétonnées sont défoncées et les tranchées, bien que les tuyaux soient posés, sont restées béantes depuis des lustres, avec le risque permanent, surtout pour les personnes âgées, de tomber dedans et de se casser une jambe. Creuser des tranchées, c’est normal pour la pose des tuyaux, ce que les villageois reprochent aux entrepreneurs, c’est ne pas reboucher les trous une fois les tuyaux posés. Et en plus, ces entrepreneurs ne font jamais un travail jusqu’à la fin. Ils travaillent deux ou trois jours dans un village, puis l’abandonnent et vont à un autre village pour revenir un ou deux mois plus tard pour trois ou quatre jours encore. Résultats, aucun village n’est achevé à cent pour cent à tel point que certains villageois commencent à avoir des doutes sur l’arrivée réelle du gaz.

B. Mouhoub

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