L’Institut de technologie moyen agricole spécialisé de Boukhalfa (ITMAS) coiffe quatre wilayas, à savoir Tizi-Ouzou, Bouira, Béjaïa et Boumerdès. Il fait partie des 13 établissements sous tutelle du ministère de l’Agriculture et de la Pêche. À sa création en 1958, cet institut s’appelait «École pratique d’agriculture chargée de la formation des agents techniques», autrement dit, de la main d’œuvre prête et corvéable pour les colons. En 1969, elle devient l’École régionale d’agriculture chargée de la formation des cadres moyens, et en 1973 institut technique des moyens agricoles. Ce n’est qu’en 1995 que cet établissement prend l’appellation qui est la sienne aujourd’hui, en l’occurrence l’ITMAS. L’établissement est situé dans une zone montagneuse, à environ 5 km au Nord-ouest du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou. Il est implanté dans une superficie de 30 h. C’est l’unique structure de formation existant en Kabylie. Ses missions principales sont la formation initiale de techniciens en agriculture et d’agents techniques et la formation continue. Il dispose, pour ce faire, d’un personnel technique et pédagogique pluridisciplinaire avec de surcroit un terrain d’application et de démonstration annexé occupé par des oliveraies, orangeraies et d’espaces pour les cultures fourragères et maraichères, d’une étable d’une capacité de 5 têtes bovines de race, d’une bergerie de 10 têtes de moutons, d’une chèvrerie, d’un poulailler de 1000 unités, d’un bâtiment cailles avec 1000 sujets, d’une clapier maternité et engraissement, de 4800 poules pondeuses, d’un rucher de 20 ruches et d’une ferme école pour les activités pédagogiques. Dans le cadre de ses activités, l’ITMAS fonctionne en partenariat avec les DSA, les chambres de l’agriculture, les déférents instituts et l’université de Tizi-Ouzou qui est liée par une convention de partenariat depuis 2013. Sur le plan de l’oléiculture, l’institut se penche sur la valorisation des sous produits oléicoles dans le cadre du développement durable. Le régime d’études pour la formation initiale est l’internat, l’externat et la demi-pension. Pour la formation continue, le choix est laissé en fonction des besoins exprimés du partenaire. Cette année, l’institut a axé sa formation sur la thématique de la santé animale. Jusque-là l’école a formé 8 354 agriculteurs et 3 168 cadres de l’agriculture. En moyenne, l’ITMAS forme 1 400 agriculteurs et 88 cadres agricoles. L’objectif principal de l’ITMAS est d’accompagner le développement agricole initié par l’État dans les quatre wilayas, selon les orientations du développement des filières, la vocation et les spécificités territoriales. Il y a des enjeux et des axes stratégiques relatifs à la formation initiale et continue et l’environnement territorial de l’établissement. Concernant les élèves, ils sont tous porteurs de projets. Pour M. Tamen Saïd, directeur de l’ITMAS, «la formation c’est bien quand elle débouche sur un métier». Il va sans dire que cet institut spécialisé en agriculture de montagne a démontré ses compétences et son intérêt pour tout ce qui a un lien, de prêt ou de loin, avec la terre, le bétail et l’élevage. Il s’intéresse surtout à perfectionner auprès de l’élève ou l’apprenant qu’il soit éleveur ou arboriculteur en les gratifiant d’une formation de qualité indéniable. Surtout que, désormais, il se préoccupe aussi de la femme rurale à laquelle il prodigue conseils et directives, pour faire des sous produits de l’oléiculture du savon et autres dérivés.
Sadek A. H.
