De lourdes peines prononcées

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De lourdes peines allant de deux ans de prison ferme à cinq mois avec sursis ont été retenues, hier, par le tribunal de Bouira à l’encontre des 20 jeunes émeutiers interpelés lors des évènements qu’a connus la commune d’El-Asnam le mois d’avril dernier. Des griefs d’agressions par la violence des agents de l’ordre public, dégradation de biens d’autrui, attroupement illégal, trouble à l’ordre public et incitation à l’attroupement, ont été confirmés par le juge d’instruction. Des amendes allant de 100.000 DA à 50.000 DA ont été également prononcées. Ainsi et d’après le verdict rendu public hier par le tribunal de Bouira, une peine de deux années de prison ferme assortie de 100.000 DA d’amende a été prononcée à l’encontre de B. H., pour agression des agents de l’ordre public, dégradation de biens d’autrui, attroupement illégal et trouble à l’ordre public. Une année de prison ferme et 100.000 DA d’amende a été retenue à l’encontre de G. M., H. H., H. A. et A. K., pour dégradation de biens d’autrui, attroupement illégal, trouble à l’ordre public et incitation à la violence. Des peines de cinq mois de prison avec sursis et 10.000 DA d’amende ont été retenues contre 15 autres jeunes émeutiers. Dans sa partie civile, le second volet de l’affaire, les 20 jeunes ont été condamnés à rembourser une amende de deux millions de dinars au trésor public. À noter également qu’au moins onze citoyens, victimes de ces évènements, se sont constitués en partie civile et que le procureur de la République a requis des peines de 03 ans de prison ferme à l’encontre de l’ensemble des accusés. Pour rappel, des violentes émeutes ont éclaté vers la fin du mois d’avril dernier, suite à une altercation survenue, dans la soirée du vendredi 22 avril, entre un jeune de la localité et des policiers en civil du commissariat d’El Esnam. Le jeune Mohamed Merdoud a été grièvement blessé et a été opéré et hospitalisé pendant plusieurs jours à l’hôpital de Bouira. Les manifestants qui ont, dans un premier temps, assiégé le siège de la sûreté urbaine pour dénoncer ce qu’ils ont qualifié «d’agression d’un jeune par des policiers», ont brulé des pneus et bloqué le tronçon de la RN5 traversant la localité à l’aide de pylônes et autres pierres. La situation a vite dégénéré pour se transformer en affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Aux jets de pierres lancés par les manifestants, les forces anti-émeutes useront de gaz lacrymogène pour riposter. Les affrontements se sont poursuivis durant la semaine. Au moins 20 jeunes ont été interpellés à l’issue de ces évènements. Dans son témoignage (lire notre édition du 26 avril), le jeune Mohamed Merdoud a affirmé qu’il a été «victime d’une agression de la part de plusieurs agents en civil vendredi soir». Ce dernier souffrait d’une fracture à l’épaule.

O. K.

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