Les commerçants forcés de suivre l’anarchie ambiante

Force est de constater, à Tizi-Ouzou, que les magasins « légaux » ne font pas toujours le plein. Il s’agit là, en fait, d’une situation qui dure depuis quelques années déjà. « Imaginez que plusieurs commerçants, qui exerçaient dans la légalité auparavant, ont fini par rejoindre le marché informel parce qu’ils ne parvenaient pas à suivre la cadence infernale à laquelle ils étaient soumis.  » nous dira le responsable de l’UGCAA. Un commerçant nous fera remarquer qu’il n’y a plus à Tizi-Ouzou de magasins de fruits et légumes, par contre il y a plus de 300 revendeurs de fruits et légumes exerçant au noir dans la même ville, précise notre interlocuteur. Bien entendu cet état de fait n’est nullement fait pour arranger les affaires des commerçants de Tizi-Ouzou, l’UGCAA ne compte pas toutefois rester les bras croisés à contempler les dégâts. Cet organisme envisage de saisir le premier responsable de la wilaya dès la prochaine rentrée sociale pour tenter de trouver une solution au phénomène du marché informel.

La rentrée très appréhendée

« L’UGCAA saisira officiellement le wali à ce propos après le mois de carême », dira en substance l’un des responsables de l’association. En outre, celle-ci – apprend-on – a déjà élaboré un avant-projet après une réflexion entreprise avec des universitaires pour essayer de mettre fin à ce phénomène qui menace le commerce à Tizi-Ouzou et partout ailleurs. Il va sans dire, et ce de l’avis du même responsable que la solution passera inéluctablement par la prise en charge effective, sur le plan professionnel, de tous ces jeunes exerçant dans l’informel. L’UGCAA préconise notamment, de libérer des endroits, pour la pratique de ce commerce. L’Etat doit également, selon ladite association, aider les jeunes à travers des subventions de loyer, par exemple, et ce pour une durée de temps déterminée. Quoiqu’il en soit, pour l’UGCAA le problème du marché informel doit être solutionné dans les plus brefs délais. « On ne subit pas encore de pression, mais si l’idée d’une grève générale est proposée lors de notre prochaine assemblée, on est prêts à retenir l’action », affirme le même membre de l’association des commerçants. La prochaine rentrée sociale s’annonce de ce fait déjà chaude du côté de Tizi, si d’ici là une solution n’est pas trouvée, pour plus d’un le chômage qui frappe de plein fouet la société est pour beaucoup dans l’avènement, du marché informel. Ceci dit, c’est une solution de fond qui s’impose. La misère et la faiblesse du pouvoir d’achat ont fait le reste, sinon un père de famille préférerait certainement acheter une marchandise garantie plutôt que de se rabattre sur la friperie et autres…

M. O. B.