Depuis quelques temps déjà, on remarque à Larbâa Nath Irathen une « explosion » du nombre de citernes, qui font leur apparition dans pratiquement tous les villages de cette localité.
En effet, de plus en plus et face à la pénurie de cet or bleu, bon nombre de personnes font recours à ces citernes qu’ils remplissent des fois à des coûts forts, pour compenser un tant soit peu les nombrables coupures d’eaux que connaît ladite localité surtout en été. Craignant une longue période de sécheresse, tout le monde cherche à augmenter ses réserves d’eau afin de ne pas se retrouver à court d’eau. Il faut dire que jusque-là cette pratique était rare voire quasiment inexistante surtout dans les villages où l’on gérait correctement ce créneau. Mais depuis quelques années, ces bons gestes et ces bons réflexes de gestion d’eau ont malheureusement tendance à disparaitre, laissant malencontreusement place à l’anarchie et au chaos. Désormais, chacun fait sa propre loi pour étancher sa soif, non assouvie. Du coup, pour faire face à ces coupures interminables d’eau et disposer de ce liquide précieux chez soi, les habitants n’ont d’autre choix que de faire un grand sacrifice en puisant dans leur budget, qui est déjà très serré à cause de la cherté de la vie, pour acheter des citernes d’eau dont le prix n’est pas abordable pour tout le monde. À ce sujet, Dda Ali, un septuagénaire, très inquiet de cette situation nous dira : «ces citernes ne font qu’accroître le problème du manque d’eau. Les gens ont recouru à ce système «D» après l’affichage, au niveau du chef-lieu, de la rationalisation de l’eau. Les habitants étaient désemparés et en quelques jours seulement, les vendeurs de ces citernes de misère se sont retrouvés en rupture de stock. Personne ne s’est soucié de vérifier la qualité de ces cuves. Les autorités locales doivent rassurer la population en l’informant sur l’état du barrage de Taksebet, afin d’arrêter cette frénésie d’achat». Et de continuer : «Ce qui m’inquiète le plus, c’est ce comportement des gens qui ont tendance à sauter sur tout sans réfléchir. Ces réservoirs de fortune, sans contrôle et ne répondant à aucune norme, ne feront qu’aggraver la situation. C’est une façon d’encourager le gaspillage d’eau. Au lieu de faire attention et surtout de savoir gérer le peu d’eau qu’on a de manière rationnelle, les habitants ne font que continuer dans leurs mauvaises habitudes de la consommer sans se soucier des autres. Et c’est la même chose pour l’électricité où la surconsommation, avec notamment l’utilisation des climatiseurs, crée des chutes de tension. Au final, je termine par demander aux services de l’ADE de songer à sensibiliser la population sur les dangers que représentent ces citernes sur la santé surtout quand celles-ci sont rouillées».
Y. Z.

