La saison estivale va s’ouvrir sous peu et cette année on s’attend à un afflux plus important d’estivants. L’année passée, on a enregistré plus de 10 millions de vacanciers dans les deux villes balnéaires que compte la wilaya de Tizi-Ouzou, en l’occurrence Tigzirt et Azeffoun, lesquelles possèdent chacune 4 sur un total de 18 plages autorisées à la baignade.
Cependant, il est à signaler que les deux daïras renferment historiquement un passé dense que l’on peut observer ici et là à travers des vestiges romains et berbères. De plus, la proximité des forêts permet de conjuguer le balnéaire au climatique. Omnium est le nom romain de Tigzirt et Ruzazus celui d’Azeffoun. Le nom romain d’Azeffoun est très probablement issu de la racine berbère RZY (qui a donné par exemple le nom d’Arzew) et signifiant «rocher», «éperon rocheux». L’origine du nom Azeffoun est par contre incertaine : Ibn Khaldoun rattache ce nom à celui d’une tribu berbère, alors que la tradition locale le fait dériver du nom d’un poisson ou d’un crustacé (qui serait la langouste), mais rien dans le vocabulaire berbère ne permet de confirmer cette hypothèse. Quant à Tigzirt, le site actuel de Tigzirt, fut choisi par les phéniciens pour y créer un port, Rusucurru, dont la petite cité étant entourée d’une forteresse. Ce port faisait partie des échelles puniques, que les carthaginois installaient le long des côtes à une journée de navigation les uns des autres, et qu’ils choisissaient pour leurs plages à faible déclivité adaptées à l’échouage de leurs bateaux. Quelques vestiges de stèles puniques attestent de la présence de deux sanctuaires dédiés à Baal, l’un à Tigzirt-même, et l’autre à Taqsebt, distant de cinq kilomètres. On suppose que la ville d’Omnium aurait été construite entre 145-147 Av JC. À cette époque, la ville n’était constituée que d’un tout petit port et d’une caserne. Au IIIe siècle, l’empereur d’origine berbère septime Sévère confia à Julius Félix, notable de l’actuelle Dellys, les constructions liées à l’extension de la ville. Cette extension démarre avec la construction d’un temple, ce qui aura pour effet d’attirer de nombreux habitants. L’économie des deux villes est basée sur le tourisme, la pêche et l’agriculture. Tigzirt, avec son centre-ville enchâssé entre mer, plages, promontoire et collines qui l’entourent, est très louée en Algérie pour la beauté de ses paysages naturels. Elle dispose d’un patrimoine archéologique notoire (vestiges de la cité romaine et la basilique byzantine), cumulant des bâtiments romains encore dressés, des vestiges endommagés et des champs de ruines de la même époque largement présents sur son territoire.
Tigzirt et Azeffoun des destinations de choix
Tigzirt et Azeffoun et leurs communes respectives s’apprêtent à recevoir les estivants. Pour ce faire, les autorités locales ne chôment pas ni les responsables de la wilaya ni la société civile, à travers le mouvement associatif qui ont engagé des campagnes de volontariat pour l’embellissement, le nettoyage, l’installation des structures des services de la Protection civile et de sécurité et l’éclairage public. Selon le directeur du tourisme, «tout est fin prêt pour la saison estivale. Sauf que pour cette année, il n’y aura pas de cession au privé des plages ni de squattage». Et il a insisté sur la nécessaire sévérité des services de police et de gendarmerie pour dissuader les squatters, mais il a regretté le manque à gagner qu’induit cette décision. «Les communes avaient enregistré 11 milliards de dinars en impôt locaux, l’année précédente, mais cette saison, nous avons la possibilité de louer les espaces pour les parkings, le camping et tout ce qui facilite le quotidien des estivants, ainsi que nos 49 infrastructures d’accueil, dont 2410 lits auxquelles il faut rajouter 800 lits dans le camping», soulignera-t-il. Il faudra aussi tenir compte des locations d’appartements aux vacanciers. La saison touristique sera officiellement ouverte, le samedi 4 juin, à Azeffoun puisque l’année passée elle a eu lieu à Tigzirt. Par ailleurs, le 19 et le 21 mai, la Direction de la jeunesse de la wilaya, la direction de l’environnement, la direction des affaires sociale dans le sillage de Blanche Algérie et tout le mouvement associatif dépendant de ce secteur seront mobilisés pour donner le dernier coup de main à l’opération de volontariat qui s’achève avant le jour «J». Pour l’animation des veillée du Ramadhan, il y a un riche programme artistique dans les soirées et des quinzaines artisanales et commerciales qui seront tenues tout au long de la saison, c’est-à-dire jusqu’au 30 septembre.
Tourisme climatique
Le tourisme climatique se tient toute l’année, douze mois sur douze, à Thala Guilef. «Nous avons un projet structurant d’une superficie de 400 hectares qui comprend des chalets, des bungalows avec la réhabilitation du télésiège et d’un complexe sportif près de Bounouh (Boghni). Le parc du Djurdjura, Yakouren et l’Akfadou seront mis à profit pour encourager l’activité de montagne», soulignera encore le directeur du tourisme. Cependant, il faut faire très attention à l’environnement, à la protection de la faune et de la flore que le tourisme de masse pourrait atteindre.
Sadek A. H.

