Conseil national du FFS – Le discours et la méthode

Le FFS, à travers sa résolution lors de son dernier conseil national tenu le 20 mai dernier, tranche avec sa politique de demi-mesures pour s’inscrire, désormais, dans une partie de bras de fer, s’il en est, avec ce qu’il appelle le pouvoir.

Lors de son dernier conseil national, il a sorti une résolution politique au vitriol, dans laquelle il fait l’analyse suivante de la situation du pays : «La situation politique est caractérisée, d’un côté par l’aggravation de la crise nationale, à la fois systémique, structurelle et multidimensionnelles; de l’autre côté par des campagnes de diversion qui se succèdent à un rythme effréné pour nous empêcher de réfléchir, de comprendre, de nous organiser et donc d’agir. Ces campagnes détournent l’attention de l’opinion publique des défis et des enjeux qui engagent l’avenir de notre pays». Poursuivant son décryptage de la «crise» par des propos plus alarmistes que jamais, il dira : «Cette situation déjà alarmante s’est aggravée avec la chute des prix du pétrole. Le pouvoir croyait compenser sa faiblesse politique, démocratique et institutionnelle par la redistribution de la rente pétrolière. Rente qu’il répartit entre ses clans et clientèles. C’est une thérapeutique qui soulage mais qui ne guérit pas». Et de s’inscrire en faux par rapport aux positions actuelles de l’Algérie : «Au FFS, nous avons, depuis des années, mis en garde contre ce type de situation. C’est pour cela que nous avons, sous la direction de notre feu président Hocine Aït Ahmed, lui-même fidèle à son combat anticolonialiste et contre la dictature, toujours favorisé le dialogue, les solutions politiques, la réconciliation entre Algériens plutôt que les clivages meurtriers, le contrat politique national plutôt que l’alternance clanique, le consensus national plutôt que les polarisations violentes ; l’État de droit plutôt que la dictature d’où qu’elle vienne et quels qu’en soient les alibis. L’Histoire nous a donnés raison. Les choix du FFS sont toujours dictés par des considérations politiques et non par un idéalisme abstrait, ou des tactiques sans lendemains. Il est attendu d’un parti politique des propositions tangibles et sensées plutôt que de tirer à vue sur tout ce qui bouge. Le FFS a proposé il fut un temps, un consensus qui n’a attiré l’attention de personne parmi la classe politique et il pousse le bouchon plus loin, en persistant dans la démesure. «Il s’agit de bien agencer et de ne pas se tromper de priorités. L’urgence est là l’action doit être cohérente dans tous les domaines et toutes les transformations qu’elles soient politiques, économiques ou sociales, doivent être menées au même temps. Elles doivent être le fruit d’un large consensus reflétant les espérances et les attentes de nos concitoyens. La participation de la population et la transparence dans toutes les questions qui engagent leur avenir et le devenir de la nation, doivent être au cœur des politiques de l’État. Notre démarche, qui ne s’inscrit pas dans l’alternance clanique, est plus que jamais orientée vers la réalisation du consensus national le plus large possible, pour la concrétisation d’une deuxième République fondée sur l’État de droit, la souveraineté nationale et populaire, la démocratie et la justice sociale». À la bonne heure que la justice sociale dont ce gargarise le plus vieux parti d’opposition, soit une démarche que tout le monde accepte et la souhaite de tous ses vœux, mais pas mot sur la démarche portant son instauration au cas où elle n’existe pas. Le FFS est pourtant un parti de gauche, membre de l’internationale socialiste, qui doit savoir, raison gardée, se prémunir contre l’alarmisme et la surenchère dans le discours. Qu’il se positionne comme un parti d’opposition, c’est son droit, mais à condition de faire une lecture objective de la situation du pays et non de faire dans l’amalgame et l’irrationnel.

Sadek . A. H.