L’UGTA veut faire de son 50e anniversaire qui coïncide avec la date du 24 février de chaque année, une occasion grandiose. Mettant de côté les conflits entre syndicalistes, surtout ceux nourris par un problème de leadership, les dirigeants de l’UGTA ambitionnent de faire la trêve » syndicale » en mettant en stand-by la haine et le désaccord surgis ces derniers temps, pour réaliser un » grand regroupement « , selon Abdelkader Malki chargé des relations publiques à l’UGTA, unissant ainsi tous les militants sur le même parterre dans l’espoir d’entendre les mêmes slogans. L’occasion sera propice pour retracer le parcours revendicatif et politique de cette organisation de masse et, par conséquent, dresser le bilan d’un demi-siècle d’existence. Il est également question de peser de tout son poids sur le terrain, partagé actuellement avec des mouvements autonomes. La mémoire des deux figures de proue ayant marqué le mouvement syndical national depuis la Révolution en l’occurrence Aissat Idir et Abdelhak Benhamouda, sera sans aucun doute ressuscitée et honorée. Tous les comités locaux ont été appelés à organiser des festivités et à déposer des gerbes de fleurs à la mémoire de tous les martyrs de la lutte syndicale. Il est attendu que la journée se déroulera dans une ambiance particulière surtout si le premier magistrat du pays accepte l’invitation de l’UGTA. Dans le cas affirmatif, la centrale syndicale ne sera que flattée dans la mesure où elle sera la seule organisation syndicale à recevoir le président de la République, pour la deuxième fois consécutive depuis l’avènement du multipartisme. Bouteflika a, pour rappel, déjà partagé la fête des syndicalistes de l’UGTA lors du 49e anniversaire de la création de l’organisation, c’est-à-dire l’année dernière. Un souvenir qui est resté ancré dans la mémoire de tous les militants de l’UGTA, surtout de ceux qui étaient présents dans la salle ce 23 février 2005, qui se sont vu réconfortés par le discours du Président. C’est lors de cette journée, que le Président, dans un langage populaire, avait annoncé son parrainage aux troupes de Abdelmadjid Sidi Saïd en déclarant : » Nous sommes tous des syndicalistes et nous ne reconnaissons aucun syndicat en dehors de l’UGTA « . Cette phrase avait soulevé un tollé auprès des syndicats autonomes qui n’ont pas tardé à manifester leur courroux.Cela étant dit, la présence de Bouteflika lors de la célébration de ce cinquantième anniversaire mettra fin aux spéculations colportées ici et là s’agissant de son état de santé. Sa présence est également tant espérée par les travailleurs qui misent gros sur cet événement décisif, lequel, pour le moins que l’on puisse dire, intervient dans une conjoncture particulière caractérisée par un remous sur le front social et par un conflit au sein de la centrale, qui a éclaté à l’approche de son congrès. L’UGTA se trouve, en effet, face à une pénible tâche : la satisfaction des travailleurs qui n’espèrent que l’amélioration de leur pouvoir d’achat, via l’augmentation des salaires. » C’est à l’issue de la tripartite que nous débattrons d’un nombre important de sujets et c’est là que nous remettrons sur le tapis notre revendication relative à l’article 87 bis portant sur le SNMG « , souligne, en outre, Malki. Joint par téléphone, ce dernier a avancé que la date de la rencontre tripartite, gouvernement – UGTA – patronat, n’est pas encore fixée. » Rien de nouveau sur ce chapitre », a-t-il indiqué. A la question de savoir comment l’UGTA compte procéder pour calmer les esprits des travailleurs surtout après les déclarations du chef du gouvernement qui a estimé que leur revendication salariale est » illégitime « , Malki s’est contenté de dire : « il faudrait d’abord analyser l’intérêt soudain des politiciens au monde du travail. Seule la tripartite tranchera sur cette question », a réitéré notre interlocuteur. Concernant le congrès de l’UGTA qui devait, selon les déclarations de Sidi Saïd, coïncider avec la célébration du cinquantième anniversaire, puis reporté pour de multiples raisons, Malki a fait savoir que la Commission exécutive nationale (CEN) se réunira très prochainement. » Nous fixerons la date durant la semaine prochaine « , nous dit-il avant d’ajouter que la CEN sera programmée juste après le 24 février. La CEN est l’instance suprême durant laquelle il sera dégagé la date du congrès, les différentes résolutions économiques et politiques et le nombre de délégués qui y seront présents, pour ne citer que ceux-ci.
Wassila Ould Hamouda
