Éducation nationale moral des candidats à la veille du BAC – Toujours, la course éperdue vers les cours payants

Plus que quelques heures avant le coup d’envoi des premières épreuves du baccalauréat 2016, dont le coup d’envoi sera donné le dimanche 29 mai. Rien qu’au département de Boumerdès, pas moins de 818 520 élèves de terminale, toutes filières confondues, sont attendus à cet examen, toujours considéré comme un visa d’entrée à l’université. Mais aucun candidat ne semble rassuré dans cette wilaya plus que les candidats d’autres régions du pays.  »Je me vois dans l’obligation d’exploiter les jours qui restent pour tenter de comprendre des parties importantes des programmes de différentes matières, surtout celles à haut coefficient », nous a confié hier, Karima, candidate en classe de terminale sciences expérimentales au lycée El Khalifa de l’ex-Rocher Noir. L’on ne rencontre la plupart de ces élèves de terminal que devant des garages, des piaules de rez-de-chaussée d’immeubles, ou des maisonnettes en cours de construction, y compris les weeks-ends. Ils déclinent donc uniquement par habitude l’appartenance à leur établissement public qu’ils avaient fréquemment déserté puisqu’ils s’étaient inscrits pour des cours payants dans différentes matières, depuis le début de l’année scolaire.  »Les mois passaient rapidement et je ne savais pas par où commencer les révisions, me contentant notamment de la compréhension des problèmes de mathématiques et de physique résolus par mes enseignants de cours de soutien », dira un autre scientifique, en ajoutant qu’il ressent toute épreuve comme étant une montagne.  »Notre enseignant ‘privé’ de mathématiques nous recommandait des exercices personnels en dehors de ses séances, mais le suivi n’est pas toujours assuré », ont témoigné d’autres candidats d’une salle de cours parallèles, à la cité Frantz Fanon du même chef-lieu de wilaya. Les sommes d’argent sont, elles, bien au contraire amassées chaque fin du mois, sans tolérer de retard comme dans toute école parallèle. Maîtrisant sa matière, le professeur sus mentionné arrive à drainer un très grand nombre, puisqu’on y vient même des établissements privés agréés environnants, à l’instar de ceux de Bélahcen ou de Yellis de Boudouaou. Mais détrompons-nous, le gros des candidats n’espère pas obtenir le BAC avec une mention satisfaisante.  »L’essentiel pour nous est de décrocher ce sésame donnant accès aux études supérieures », noteront-ils avec pragmatisme. Dans toute la wilaya, cependant, une très infime partie est admise au Bac, chaque année, avec des notes supérieures à 16/20 équivalant souvent à la mention très bien.  »Nous repassons cet examen pour la deuxième fois, en espérant obtenir la moyenne donnant accès aux filières médicales et pharmaceutiques, ou à une formation supérieure à l’institut national de l’électronique du centre-ville de Boumerdès », nous ont confié deux élèves, ayant pourtant décroché leur sésame avec une moyenne de 14/20. Et comme l’année dernière, elles se sont inscrites pour des cours de soutien. Les littéraires tentent, eux, dans leur globalité de surmonter leur angoisse à l’approche à pas de géant de cet examen fatidique. Ils ne sont rappelés de leurs enseignants au lycée public, notamment ceux de la philosophie, de français ou de l’histoire-géographie, juste pour demander respectivement leur pronostic sur les questions susceptibles de figurer dans ces épreuves concernées. Ayant eu les pronostics des enseignants de l’école publique et de ceux de l’école parallèle, de nombreux candidats peaufinent alors leur révision en groupe, dans des maisons de jeunes ou des institutions éducatives, y compris la nuit, jusqu’à une heure tardive », a-t-on constaté. Leur credo : ne point lâcher prise, jusqu’à la fin de toutes les épreuves, en s’accordant des moments de repos. Faute d’avoir fourni des efforts suffisants, durant l’année scolaire, bien d’autres semblent, eux, avoir perdu tout espoir de réussite, ce qui annihile davantage leur volonté le jour J, selon les psychologues.

Salim Haddou