Issue du dernier découpage administratif de 1985, la commune de Frikat reste l’une des municipalités de la wilaya où le nombre de logements réalisés est l’un des plus faibles. Si l’on faisait le total de ces derniers, il ne dépasserait pas les vingt-quatre. Le premier projet a été réalisé par la formule APC-CNEP. Cependant, après une mévente de ce quota, comme partout ailleurs, ces logements ont été squattés en mai 2001. Six autres ont vu le jour sans pour autant être distribués. Certes, en raison de cette mévente, un accord a été signé entre les responsables de la CNEP et ceux de l’OPGI. Ainsi, ces dix-huit unités ont été transférées au domaine social. Des enquêtes ont été faites, mais leurs évacuation est en instance. Dans cette municipalité si le chef-lieu a commencé quelque peu à être développé, c’est grâce aux privés qui ont lancé des constructions individuelles à usage d’habitation et commercial. Selon une source locale ayant déjà participé à la gestion de cette commune, Frikat a bénéficié de trente logements sociaux entre 2000 et 2002. Ce programme n’a pu être lancé pour plusieurs raisons. Il y a lieu de noter que comme toutes les autres municipalités rurales, Frikat ne déroge pas à la règle, c’est-à-dire, le manque de terrains appartenant au domaine public et qui est à l’origine de ce retard. “Pour exproprier un citoyen, la procédure n’est pas aussi facile. Il faudrait attendre longtemps”, pense une source locale. La meilleure opération réalisée dans cette commune est la cité déjà attribuée “aux cas sociaux” dans le cadre de l’aide à l’autoconstruction. “Au lieu de donner vingt-cinq millions de centimes à ceux qui ne possèdent même pas un terrain, nous avions préféré regrouper toutes les aides pour enfin leur construire de logements évolutifs”, nous a déclaré, à ce propos, un ex-élu du précédent exécutif (1997-2002). D’ailleurs, aujourd’hui, en dépit de toutes les opérations (bitumage des routes en tapis, éclairage public), le chef-lieu de cette municipalité n’a pas l’air de devenir un véritable centre-urbain. Il est navrant de toujours voir ces bidonvilles et ces habitations de fortune recouvertes de tôles en guise de toits…Il est attendu de l’actuel Exécutif de lancer les projets en instance car cette commune compte quand même de nombreuses micro-entreprises spécialisées dans la transformation du plastique, la fabrication du couscous et qui veulent sortir de ce désenclavement. Les Frikatis ne veulent pas aller ailleurs. Ils sont fidèles à leurs terres car une partie est fertile notamment en céréales.
Amar Ouramdane
