La décharge d’Ichikar, située à équidistance entre les communes de Boudjellil et Tazmalt, est une véritable catastrophe écologique. En effet, occupant des centaines d’hectares en plein lit de l’oued Sahel, cette décharge reçoit, chaque jour, des tonnes et des tonnes de toutes sortes de déchets ménagers et industriels. Des amoncellements d’ordures s’étalent sur les lieux à perte de vue. Le décor y est chaotique. Il est à se demander, à juste titre, pourquoi les pouvoirs publics n’ont pas bougé le petit doigt afin d’éradiquer cet immense dépotoir. Ignorent-ils ses retombées néfastes et graves sur l’environnement et la santé publique? Assurément, non! En tout cas, la décharge d’Ichikar ne cesse d’enfler et d’occuper, au fur et à mesure, d’autres espaces du lit de l’oued Sahel et de ses berges demeurés encore indemnes de pollution, laquelle va au galop! Les lieux offrent, à la fois, une vue sinistre et désolante. Impossible de s’y tenir debout sans se pincer les narines, tellement les miasmes et les odeurs pestilentielles s’en dégagent à des centaines de mètres à la ronde. Sapristi! Ce n’est guère le cas pour ces fouineurs qui y mettent les pieds, chaque jour, pour dénicher des objets de valeur, jetés par mégarde par leurs propriétaires, ou tout simplement récupérer des déchets recyclables. C’est le cas, d’ailleurs, de ces recycleurs venus des wilayas de M’sila et Bordj Bou Arreridj qui farfouillaient entre les tas d’ordures dans l’espoir de récupérer du plastique, de la ferraille, du caoutchouc, du cuivre, etc.
Les risques de contamination pèsent sur la nappe phréatique !
Nous allons de surprise en surprise dans cet endroit « cauchemardesque » qui ressemble à un cataclysme avant l’heure. Figurez-vous que bergers paissaient leurs troupeaux dans ces fatras d’immondices, on ne sait par quelle « injonction »? Savaient-ils, au moins, que leurs bêtes risquaient de mourir en broutant ces amas de saleté et se tuer avec elles à petit feu en consommant leur lait et leur viande? On dirait qu’ils étaient inconscients ou je-m’en-foutistes! Toutefois, ce qui rajoute une couche à tout ce décor qui provoque un haut-le-cœur, ce sont ces colonnes de fumées qui se dégagent de ce gigantesque dépotoir, dues aux feux qu’allument les éboueurs, afin, selon eux, de diminuer le volume des immondices. Néanmoins, ce que ces valeureux ouvriers oublient, c’est que l’incinération des déchets aggrave encore la situation, car l’atmosphère, déjà polluée par les émanations fétides, se trouve empli de fumées qui couvrent les lieux. Ces fumées se trouvent emportées, continuellement, par les vents, lorsque ceux-ci se lèvent les après-midis. Ce qui indispose les riverains, habitant à moins d’un kilomètre de cette décharge. Le constat, pour le moins préoccupant que nous y avons fait sur les lieux, ne s’arrête pas là car aux alentours, il existe des forages communaux (Tazmalt et Boudjellil) d’où est pompée l’eau souterraine au profit de ces collectivités. Là encore, il y a matière à s’inquiéter, d’autant plus que les services d’hygiène des deux municipalités ne sont pas équipés de laboratoires pour analyser l’aspect physico-chimique de l’eau puisée de la nappe phréatique se trouvant sous le sol de cette décharge d’Ichikar! Le risque de contamination de l’eau par les matières organiques et toxiques n’est pas à écarter !
Syphax Y.

