Ce n’est pas plus propre à Draâ Ben Khedda

Si le citoyen de Draâ Ben Khedda pourrait se réjouir, c’est du côté de la poursuite des travaux des deux jardins à l’entrée Est de la ville. Les travaux de ce projet financé du budget communal des exercices 2015 et 2016, avancent doucement mais sûrement. A leur réception qui ne saurait tarder maintenant, ces deux jardins seront sans nul doute le lieu de prédilection des vieux, des jeunes et des moins jeunes, ceci en plus de donner une touche ornementale à la ville qui en a grandement besoin. En effet, le simple visiteur ayant connu Draâ Ben Khedda auparavant, sera vite désenchanté par un environnement qui crève les yeux. Le chef-lieu est entouré d’énormes quantités de déchets de tous genres : sacs-poubelle, bouteilles d’eau en plastique, canettes et bouteilles de bière,… jonchent tout coin et recoin de la ville. Des picoleurs, tant au chef-lieu, notamment à certains endroits de l’ancienne voie ferrée, sous le pont Est qu’à la périphérie de la ville, se font très nombreux à se donner à leur vice tout en laissant leurs déchets sur les lieux, sans qu’aucune autorité ne lève le petit doigt pour arrêter ce désastre écologique. Il n’y a pas un endroit, aussi réduit soit-il, que le citoyen pourrait qualifier de propre ! «Jamais Draâ Ben Khedda n’a été aussi sale que ces dernières années !», nous dira un habitant du centre-ville. Son voisin lui emboîte le pas : «C’est une honte que Draâ Ben Khedda atteigne ce haut niveau d’insalubrité !». L’amertume est assez grande chez d’autres citoyens qui nous rappellent : «Les autorités locales ont promis un grand nettoyage ! Où en est-il ? Qu’ont-elles fait pour obliger les propriétaires des baraques, à l’entrée Est au niveau de l’arrêt des fourgons en provenance de Tizi-Ouzou, pour lever les quintaux de déchets derrière leurs cabanes ?». Malheureusement, il n’y a pas que ces endroits cités plus hauts qui sont touchés par la pollution. Le marché des fruits et légumes de la cité Bennani, la rue ‘’aux volailles égorgées et plumées à ciel ouvert’’ sans respect des mesures d’hygiène, sont une véritable et honteuse preuve du désengagement de tout le monde. Car il est vrai que les autorités ne sont pas les seules à mettre à l’index. Il y a les commerçants indélicats dont la responsabilité est grande. Si l’intérieur de leurs locaux est propre, c’est au détriment du trottoir et des rebords juchés de papier d’emballage, de cartons et autres. Aussi, tout le monde donne du fil à retordre aux agents de la voirie qui, faut-il l’avouer, sont dépassés mais font de leur mieux. «Nous les voyons comment ils bossent pour rendre la ville propre, sans matériels adéquats et sans aucune amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles. Il est à rappeler qu’ils ont observé trois jours de grève durant lesquels des tonnes de déchets se sont accumulées partout dans la ville», reconnaissent des citoyens. «Est-ce que la prochaine rencontre tripartite se penchera sérieusement sur nos droits ?», s’interrogent des agents de la voirie que nous avons rencontrés, tout en affirmant qu’une «grève de trois jours chaque mois est décidée à l’unanimité par les sections syndicales tant que leurs revendications ne sont pas satisfaites !». Par ailleurs et dans un autre registre, la remise en état des lieux n’a pas été faite par l’entreprise qui avait réparé les fuites d’eau au niveau du carrefour du centre-ville, rendant plus hideux le décor de la ville de Mérabou. Les automobilistes peinent à passer, car l’endroit est sérieusement défoncé. Aussi, la place du cinéma Le Hoggar, recouverte de carrelage antidérapant, a été juste après défoncée par l’entreprise chargée du projet de la fibre optique sur tout le long de la place. Deux mois sont passés et le carrelage n’est toujours pas remis à sa place par les sous-traitants des PTT / Algérie Télécom. «Des travaux non planifiés illustrent le laisser aller des entreprises chargées de la réalisation d’un tel projet», nous dira un riverain avant qu’un autre ne lui emboite le pas : «ils ne voient que l’argent à récolter, le reste c’est leur dernier souci !».

Arous Touil