Melbou est une commune de Béjaïa sise à la frontière de Jijel. Deux de ses villages, en l’occurrence « Tiksert » et « Lejnane », font face, depuis quelques années, à un sérieux problème de cadastrage. Et leurs habitants sont dans l’incapacité d’obtenir des certificats de possession de leurs parcelles de terrain.
Le CP est la pièce maitresse pour parvenir à l’obtention du fameux permis de construire qui leur permettrait de bâtir leurs habitations, et surtout, de bénéficier du logement fonal. La raison est que, selon le cadastre, leurs terrains n’appartiennent ni à la wilaya de Béjaïa ni à celle de Jijel, alors aucun des deux services n’est capable de leur fournir un CP. Ils se sont retrouvés dans une sorte de «no man’s land» sis entre les deux départements. Bien qu’administrativement, ils appartiennent à la wilaya de Béjaïa, notre interlocuteur, M. El Hachemi Addour, élu de la commune de Melbou et natif de cette zone, nous dira que l’école primaire de «Tiksert» est gérée par la DE de Béjaïa, mais pour les services du cadastre, cette zone dépend de la wilaya de Jijel. De son côté la wilaya de Jijel ne veut et ne peut pas gérer les affaires de citoyens vivant sur le territoire de la wilaya de Béjaïa. Un citoyen de ce village, dans le but d’obtenir le fameux CP pour une parcelle située dans la zone en question, a transmis la même demande d’attestation de zone non cadastrée aux cadastres de Béjaïa et de Jijel, alors, il a reçu presque la même réponse. Chaque cadastre affirme que la parcelle en question ne se situe pas dans sa wilaya. En 2013, un autre citoyen avait obtenu un CP pour une parcelle située dans cette zone du cadastre de Béjaïa, mais depuis, les choses ont apparemment changé et la frontière a été déplacée ! Effectivement, la frontière naturelle entre les deux wilayas fut toujours «Ighzer N’tasselt», mais ces derniers temps et selon les services du cadastre de Béjaïa, elle a été déplacée de quelque 500 mètres en direction de Melbou. Le cadastre de Jijel a gardé l’ancienne frontière alors que celui de Béjaïa travaille avec la nouvelle. La cinquantaine de familles résidant dans cette zone a été simplement prise au piège. Aucune possibilité de se faire délivrer un certificat de possession. Ces citoyens demandent le règlement, dans les plus brefs délais, de ce litige qui les pénalise grandement car, depuis l’apparition de ce problème, aucun d’eux ne peut construire son logis légalement. Organisés en association, ils ont déjà saisi l’APC de Melbou ainsi l’APW de Béjaïa.
Saïd M.

