L’annulation de la retraite anticipée, décidée lors de la dernière tripartite ayant regroupé, dimanche passé, le patronat, le gouvernement et le syndicat, n’a pas été du goût des syndicats autonomes de la fonction publique.
Le conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) a rejeté catégoriquement cette mesure. «L’annulation de la retraite anticipée dans le secteur de l’éducation nationale est inacceptable», a lancé le chargé de communication et d’information du Cnapest, M. Messaoud Boudiba. «Nous refusons que cette mesure soit appliquée aux enseignants et aux professeurs, vu les problèmes auxquels font face ces derniers et le travail pénible qu’ils exercent», poursuit encore notre interlocuteur. Tout en indiquant que son syndicat revendique depuis plusieurs années une retraire après 25 ans de service, le Cnapest promet de ne pas se taire devant une telle situation. Abondant dans le même sens, le syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) a affiché son refus catégorique quant à l’annulation de la retraite anticipée. « Nous refusons dans le fond et dans la forme toute réforme de la retraite », a souligné le chargé de communication du SNTE. Ce syndicat a brandi la menace de recourir à des mouvements de protestation au cas où cette mesure sera appliquée sur le terrain. Celui-ci a réitéré son attachement à la revendication relative au droit du travailleur à une retraite anticipée qui lui permet de partir à la retraite avant l’âge légal. Pour sa part, le président du syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) fera savoir que la suppression de la retraite anticipée ne constitue pas une solution. L’annulation de la retraite anticipée est, selon lui, «une mesure justifiée par la situation de crise qui découle de l’échec de la politique économique». «C’est une démarche qui va soulager momentanément la caisse de retraite», a-t-il encore indiqué avant d’ajouter que «cette démarche permettra d’alléger le poids sur nos dépenses en matière de retraite, mais elle ne constitue nullement une solution». Ce syndicaliste a tenu à rappeler que la retraite anticipée a été instaurée en 1997 sur proposition de l’UGTA, dans le but, a-t-il dit, de faire face aux conséquences de la restructuration sur les travailleurs. Le Dr Lyes Merabet a, par ailleurs, dénoncé le fait que la tripartite a eu lieu sans la concertation des partenaires sociaux. «Nous n’avons pas eu l’occasion de participer à la tripartite, ni de donner notre avis», a-t-il déploré.
L.O.Challal

