Les candidats entre sereins et désemparés à Tizi-Ghenif

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Depuis que la ministre de l’Éducation nationale eut annoncé la tenue de la deuxième session du Bac à partir du 19 juin prochain, les candidats ont repris leurs livres et leurs cahiers. Certes, cette annonce a quelque peu bousculé ces futurs bacheliers, mais, ils savent quand même qu’il faudra se mettre au travail. D’ailleurs, en dépit de la chaleur accablante de ce début du mois de juin et de jeûne, ils se mettent en groupes afin de revoir les quelques notions non assimilées ou oubliées. «La décision de refaire le Bac nous a déstabilisés. Alors que nous avions commencé le compte à rebours pour l’annonce des résultats, voilà qu’elle nous tombe sur la tête comme un couperet. Certes, on s’est bien préparés pour la première session, mais, qu’est-ce que vous voulez, puisque c’est ainsi, nous devrons nous remettre au travail», nous dira un candidat au Bac série scientifiques, accosté devant la bibliothèque communale avec un groupe d’élèves. Pour cet autre candidat, ce n’est pas facile de reprendre à réviser dans des conditions comme celles-ci : «En plus de la chaleur, c’est le jeûne. Je préfère réviser à partir de vingt-deux heures après la rupture du jeûne. Au moins, on peut se concentrer un peu. Sinon, la journée, on ne peut rien faire». En tout cas, en dépit de tous les désagréments qui leur sont posés, ils sont, quand même, volontaires à attaquer de front cette deuxième session. «Je vous assure que je n’ai eu aucun sujet entre les mains. Tous les sujets proposés à l’examen se ressemblent. Je crois que ces fuites n’ont aucun sens. Tricher pour avoir son Bac est inadmissible. Et à l’université que fera-t-on, si on n’a pas vraiment les compétences requises pour suivre les études?», nous interrogera un troisième candidat qui semblait déterminé à décrocher ce sésame quelque soient les conditions. Dans les réponses que nous avons pu arracher à ces candidats, il ressort que certains sont carrément contre l’organisation de la deuxième session. «Nous n’avons rien à voir avec ces fuites. Je vois que nous sommes pénalisés pour des actes que nous n’avons pas commis. Au contraire, ces fuites nous ont complètement perturbés durant les examens. Parfois, jusqu’à une heure tardive de la nuit, des propositions des sujets circulent partout, mais le lendemain, les sujets servis ne sont pas ceux diffusés. Nous souhaitons que cela ne va pas se reproduire durant cette deuxième session pour laquelle nous nous sacrifions encore», estimera un autre candidat approché à ce sujet. Certains, ceux ayant préparé sérieusement leur examen depuis le début de l’année, ne craignent rien. «Ecoutez, j’ai très bien préparé la première session. Pour cette deuxième session, je n’ai peur de rien. D’ailleurs, j’ai vécu la première comme une expérience. Pour la deuxième, je l’affronterai avec beaucoup de courage et d’optimisme. Et peut être même, ce sera pour moi une autre chance de l’obtenir avec une meilleure moyenne», nous répondra courageusement cette fille jurant de le décrocher sans aucun problème. À une semaine avant le jour J, l’heure est à la concentration même si les candidats cachent mal leurs préoccupation. Rappelons que dans cette région, les taux de réussite à cet examen sont parmi les meilleurs depuis plus d’une dizaine d’années, parce que non seulement les élèves donnent de l’importance aux études, mais aussi, parce leurs parents investissent beaucoup dans l’instruction de leurs enfants en leur payant des cours supplémentaires se privant parfois de beaucoup de choses.

Amar Ouramdane

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