Les riverains ferment la décharge d'Ichiouache

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Cela fait trois jours que les riverains ont fermé la décharge publique d’Ichiouache, sise à la sortie de la ville sur le CW 128 vers Tizi-Ouzou. «Cette décharge nous empoisonne la vie. On ne peut plus supporter ni les odeurs ni encore moins la fumée qui provient de cet endroit au moment de l’incinération des déchets. En tout cas, on est prêt à rester là le temps qu’il faudra. Il faut que les responsables mettent en service le centre d’enfouissement technique des ordures ménagères», fulmine l’un des protestataires que nous avons approchés à ce sujet. «Les responsables doivent tenir les promesses qu’ils nous ont faites au sujet de la mise en service du CET de Boghni», ajoute un autre intervenant. À l’aide de troncs d’arbres, de blocs de pierres et d’autres objets hétéroclites, ils ont carrément fermé l’accès vers cette décharge. Effectivement, lorsque les monticules de déchets sont incinérés, la fumée se propage à des kilomètres à la ronde. Du coup, ce sont les APC de la daïra qui, auparavant, acheminaient leurs ordures vers cette décharge qui se trouvent dans l’expectative. «Nous ne savons vraiment pas quoi faire, surtout qu’en mois de Ramadhan, les quantités de déchets augmentent. Est-ce que nous allons créer d’autres décharges sauvages ici et là ou laisser ces déchets envahir nos quartiers et nos villages?», s’interroge le maire de Bounouh. Comme celui-ci, ses collègues sont confrontés à la même situation. D’ailleurs, les responsables de ces municipalités saisissent l’occasion pour interpeller les autorités concernées à mettre en service le CET déjà prêt à recevoir les déchets de ces quatre communes et peut être même ceux des municipalités des Ouadhias et de Maâtkas. Selon un autre maire, une réunion a été tenue entre eux et le chef de daïra. Certes, ce dernier leur a annoncé qu’une entreprise d’étanchéité est sur place, mais les responsables locaux ne sont pas convaincus qu’il y a une volonté d’agir afin de mettre un terme à cette situation qui les pénalise au plus haut point. Il faut souligner que le CET de Boghni a été lancé depuis plus de huit ans et il a accusé beaucoup de retard pour diverses raisons, notamment les oppositions. «En décembre dernier, les responsables du secteur de l’environnement, nous ont promis son ouverture (le CET de Boghni) pour le premier semestre de l’année en cours», déclare-t-on. On croit savoir qu’il est à ses dernières retouches. Cependant, la route menant vers ce CET n’est pas encore finalisée à cause des glissements des talus qui la jonchent. C’est un CET d’une capacité de 500 000 mètres cubes d’entreposage. Il est doté de tous les moyens nécessaires pour accueillir les déchets d’au moins huit communes. C’est le quatrième après ceux d’Oued Falli, d’Ouacifs et de Draâ El-Mizan déjà opérationnels depuis des années. Rappelons, par ailleurs, que lors de son déplacement en novembre dernier dans toutes les daïras de la wilaya, le wali de Tizi-Ouzou a regretté que les bordures des routes soient jonchées de détritus de tous genres, et que des décharges sauvages soient initiées ici et là même dans des paysages verdoyants. Il a d’ailleurs, appelé les citoyens à lever leurs oppositions pour la concrétisation des autres CET inscrits par le secteur de l’environnement à travers le territoire de la wilaya.

Amar Ouramdane

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