Le 25 juin 1998 est une date inoubliable pour la Kabylie, qui a connu plusieurs journées d’émeutes suite à l’attentat qui lui a coûté la vie. Matoub Lounès, plus qu’un chanteur, plus qu’un poète, est devenu l’icône de plusieurs générations. Pour preuve, depuis sa tragique disparition il y a de cela 18 ans, aujourd’hui encore, il n’est pas oublié des siens. Des milliers d’adolescents fredonnent ses chansons, et n’hésitent pas lors de leurs discussions à reprendre des paroles du Rebelle en soulignant «comme disait Matoub». Peut-il y avoir plus bel hommage lorsqu’on entend ses chansons quotidiennement dans les transports publics, dans les commerces ou même sur les réseaux sociaux dont plusieurs pages portent son nom ? Le nom de Matoub Lounès est omniprésent sur Facebook, Twitter ou sur des blogs qui lui sont exclusivement consacrés. Matoub a acquis, au fil de son parcours, une renommée internationale depuis que Danielle Mitterrand lui a décerné un prix, en compagnie du non moins célèbre Dalaï-lama, pour son combat pour la démocratie et les droits de l’homme, pour ses œuvres et pour le courage dont il a toujours fait montre. Refusant d’admettre que l’Algérie, sa patrie qui l’a vu naître, bascule dans les mains de «… ces lâches illuminés…», Matoub qui n’avait pourtant qu’une vie, n’aura de cesse de la mettre et de la remettre en jeu. L’Algérie, et particulièrement la Kabylie, a une dette envers ce chantre. Dans ses chansons, des chansons à textes comme il est fréquent de les appeler pour souligner son appartenance culturelle, il est de coutume de retrouver de la poésie et de la politique. Les textes légués par Matoub Lounès évoquent le monde et la vie d’une manière différente de ce qui est enseigné à l’école pour cette jeune génération ne l’ayant pas connu de son vivant. Le Rebelle a bel et bien marqué son époque et 18 années après l’attentat qui lui a coûté la vie, ses plus grands titres continuent de toucher la jeune génération. Et là encore, force est de constater que ses tubes intemporels résonnent encore avec l’actualité d’aujourd’hui. Il était sans nul doute l’une des voix les plus marquantes de la chanson kabyle, et l’artiste demeure bien vivant à travers ses œuvres musicales. Très engagé pour ses valeurs républicaines, Matoub a été le chantre et le visage d’un monde désireux de révolutions
I. Bachouche
