Illiltène Les villageois de Tifilkout ferment la daïra et la mairie – Rebondissement dans le conflit sur l’eau

Après une brève accalmie, le conflit d’Illiltène ressurgit encore au grand jour. En effet, avant-hier, jeudi, de nombreux villageois de Tifilkout ont fermé le siège de la daïra et celui de l’APC. Ils réclament toujours le retour à l’ancien partage de l’eau établi en 94. Du coup, les deux institutions publiques sont restées fermées toute la journée. Les citoyens en quête de papiers administratifs ou de tout autre service sont repartis bredouille. Un villageois de Tifilkout tonnera : «Nous sommes privés d’eau depuis plus de trois semaines. Nos robinets sont à secs. Nos châteaux d’eau sont vides et n’ont pas été approvisionnés en eau. Nous réclamons le retour à l’ancien partage et surtout au respect de l’accord trouvé au niveau de la wilaya la semaine passée. De toutes les manières, nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout pour rétablir l’ancien partage de l’eau». À signaler que le conflit d’Illiltène remonte à plusieurs décennies. Un conflit sur l’eau qui n’a pas été sérieusement pris en charge. Cette année, ce vieux litige entre quatre villages (Tifilkout, Taghzout, Azou, Iguefilen) semble prendre une autre tournure. Depuis plus de trois semaines, le répartiteur et les sources sont sabotés. Les deux parties en conflit se rejettent la balle. Les villageois de Tifilkout déclarent que ce sont les autres qui ont sabordé les conduites et ceux d’Iguefilen prétendent le contraire. Le conflit prend une dimension qui risque de faire des dégâts. Il faut signaler que les concernés sont passés tout près de l’explication physique. Les démarches se sont multipliées que ce soit du côté de l’APW ou de l’administration qui ont dépêché des délégations sur place. Une réunion a eu aussi lieu entre les différentes parties sous la présidence du wali, la semaine passée. Un début de solution avait été trouvé. Il s’agissait de rétablir, dans l’urgence, l’alimentation des villages privés d’eau en remettant le répartiteur en marche et dans un second temps un bureau d’étude s’occupera de recenser toutes les sources d’eau pour un partage équitable et définitif. Selon les villageois de Tifilkout, ce n’est pas l’accord signé à la wilaya qui est appliqué d’où leur colère et leur indignation qui les a poussé à fermer les sièges de daïra et d’APC jeudi dernier.

Une délégation des villageois a été reçue à la wilaya et à l’APW

Les représentants des villageois de Tifilkout ont été reçus le jour même dans un premier temps à la wilaya. «Nous voulons alerter le wali que la situation risque de se compliquer. L’accord trouvé n’a pas été respecté. Nos réservoirs d’eau sont toujours vides. Les directeurs de l’ADE et de l’hydraulique n’ont pas respecté l’accord signé par toutes les parties. Il nous faut des assurances de retourner à l’ancien système de partage», indiquera un des membres de la délégation. La délégation a été également été reçue par le P/APW, M. Klalèche, qui s’est engagé à contribuer à mettre définitivement un terme à ce conflit. «Nous allons tout faire pour trouver une solution équitable et qui va satisfaire tout le monde quitte à passer des mois à dialoguer. Ce conflit est inscrit à l’ordre du jour de la session de notre assemblée du 30 juin prochain. ». Pour comprendre ce qui a poussé les villageois de Tifilkout à fermer les sièges de daïra et d’APC, nous avons apostrophé un des membres de la délégation qui nous a appris : «Nous avons été les premiers à applaudir la solution proposée par le wali. Mais sur le terrain, les directeurs de l’hydraulique et de l’ADE ont appliqué une autre solution autre que celle acceptée par tous les concernés. Il était question de la répartition du répartiteur et revenir à l’ancien partage pour alimenter les villageois de Tifilkout et de Taghzout. Hélas, la délégation venue lundi, mardi et mercredi derniers a seulement remis en place la source bypassée par les villages d’Azrou et d’Iguefilen. En ce moment, les réservoirs de notre village sont toujours vides et n’ont pas été alimentés». Notre même interlocuteur ajoutera : «Le P/APC a, lui aussi, pris parti. Il est intervenu pour enlever le tuyau hameçon qui jouait le rôle de répartiteur équitable d’où la disparité du partage. Nous avons bien sûr rencontré le P/APC mais ce dernier a juré de ne plus accepter le retour à l’ancien partage. Il a usé de menace contre la délégation et menace d’ester en justice un des représentants des villageois. Le maire n’a rien fait contre ceux qui l’a, lui-même, trouvé en train de saboter le répartiteur. Il l’ont même insulté mais il n’a pas branché. De toutes les manières, nous réitérons notre appel en vue de respecter les normes de l’accord trouvé par l’administration».

Hocine T.