Le diabète et le Ramadhan au menu

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Dans le cadre d’un programme de sensibilisation et de prévention contre les dangers du diabète, notamment en ce mois de Ramadhan, une conférence-débat sous le thème « Le diabète et le Ramadhan » a été organisée, hier matin, au niveau du CHU Nedir Mohamed de Tizi-Ouzou.

La rencontre a été animée par le professeur Salah Mensour, spécialiste en diabétologie-endocrinologie, chef de service de médecine interne. À souligner que beaucoup de diabétiques jeûnent pendant le moi de Ramadhan, ce qui influence négativement sur leur état de santé. En effet, pendant ce moi, les habitudes alimentaires changent ce qui affecte le métabolisme. Selon le professeur S. Mensour, il est indispensable de connaître le type de diabète, car c’est cela qui détermine la capacité du malade à jeûner ou pas. On distingue deux catégories de diabète : la première dite de type 1, caractérisée par une insuffisance d’insuline, est due à un disfonctionnement de la glande du pancréas. Les symptômes de ce type de maladie sont la perte de poids et le besoin fréquent d’uriner. Le traitement prescrit dans ce cas est l’insuline. Pour la deuxième catégorie dite de type 2, l’insuline est produite normalement dans le corps, mais le problème qui se pose dans ce cas est celui de la résistance à cette substance. Dans ce cas de figure, l’environnement est un facteur de risque majeur, notamment les habitudes alimentaires (les sodas, les fast-foods…) et l’hygiène de vie (activité), sans oublier la prédisposition génétique. Pour ce type, les adultes sont plus sujets à la maladie, tandis que pour le premier, les enfants et les jeunes sont les plus fréquemment touchés, selon le spécialiste. Les symptômes enregistrés pour ce second type de diabète sont l’obésité accompagnée souvent d’une hausse de taux de cholestérol et de la tension artérielle. Le traitement indiqué est le régime, accompagné de comprimés. Pour le professeur Mensour, il est impossible d’interdire aux malades qui veulent jeûner de le faire par respect aux convictions religieuses du patient. Toutefois, le rôle du médecin est d’accompagner son patient dans son jeûne pour lui éviter les complications. «Il est impératif de traiter chaque sujet au cas par cas», a précisé le conférencier. Selon une enquête faite dans 13 pays musulmans, dont l’Algérie, 52% des malades de type 1 jeûnent et 92% pour le type 2. «En Algérie, 10% de la population est atteinte de cette maladie. 50% d’autres ignorent qu’ils le sont», a expliqué le professeur Mensour. Au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou, aucune étude prévalence n’a été faite, seulement un projet d’étude est en cours de réalisation. Pour conclure, le professeur Salah Mensour a parlé des mesures préventives à prendre pour les malades jeûneurs, pour éviter les risques de l’hyperglycémie, les infarctus et la déshydratation qui peuvent être mortels. Il a donc conseillé de suivre le traitement indiqué par le médecin, rompre le jeûne avec des liquides (eau, lait,…), dates, éviter le gras et les sucreries, équilibrer son alimentation et boire beaucoup d’eau. Il a précisé que ces conseils sont valables pour tous.

Kamela Haddoum

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