M'Chedallah Lancement du dispositif de lutte contre les feux de forêts – Les moyens humains et matériels jugés insuffisants

Le dispositif de lutte contre les feux de forêts, déclenché depuis le début du mois de juin et qui s'étalera jusqu’au 31 octobre comme chaque année, est composé d'un comité opérationnel de daïra (COD) qui comprend les services de forêts, la Protection civile et le parc national du Djurdjura (PND).

Ce sont les trois principaux organismes mobilisés H24 et qui sont renforcés par la STP et les APC, en cas de nécessité. Malheureusement, cette année, il est lancé avec des moyens humains et matériels réduits, sachant que pas moins de 40% des effectifs de la circonscription des forêts de M’Chedallah, qui est l’organisme directement concerné par la gestion et la protection des forêts, ont été mis en retraite depuis ces deux dernières années sans qu’ils ne soient remplacés à ce jour. Ceci en même titre que le parc roulant qui n’a pas été renouvelé ni renforcé et ce, malgré l’impressionnant plan de charge. Il est utile de préciser que la circonscription est composée de 4 districts répartis sur quatre communes (M’Chedallah, El Adjiba, Ath Leksar et Ath Rached), lesquels supervisent une superficie forestière globale relevant du domaine public des daïras de M’Chedallah et Bechloul de l’ordre de 40 000 hectares, en plus de celle incluse dans le territoire du PND relevant du siège de Tala Rana et celui D’Aghbalou. D’énormes surfaces du tissu végétal menacées non seulement par les incendies volontaires ou involontaires, mais aussi par d’autres agressions humaines telles que les défrichements pour ainsi dire sauvages et débridés. Des phénomènes qui ont pris une ampleur inquiétante ces dernières années. En parallèle au lancement du dispositif, la circonscription des forêts a lancé une campagne de sensibilisation avec distribution d’un jeu de dépliants en ciblant les établissements scolaires, tous cycles confondus, et le mouvement associatif. Il convient de rappeler que durant plus de cinq ans, à partir du début des années 2000, des incendies en séries, à chaque retour de la saison sèche qui s’étale sur six mois, ont complètement ravagé les légendaires forêts de Kabylie n’épargnant aucune région. Une inqualifiable catastrophe écologique qui n’a pas tardé à afficher ses retombées non moins catastrophiques sur la population, notamment les agriculteurs et les éleveurs. L’une de ces retombées est le changement du climat avec introduction d’un important taux d’humidité à l’origine d’une augmentation sensible des maladies broncho-pulmonaires. L’on constate aussi la disparition de plusieurs espèces animales et végétales, mais aussi le déplacement massif de quelques animaux sauvages, tels que les colonnes de singes et les hordes de sangliers, des espèces chassées par la faim. Ces animaux ont élu domicile sur des terrains agricoles sur lesquels ils commettent des razzias quotidiens après que leurs refuges naturels ne soient détruits par ces incendies en séries. Reste à espérer que cet organisme qui a mis en place, depuis l’année passée, des vigiles aux endroits stratégiques pour signaler à temps le moindre départ d’incendie, donne ses fruits. Un système qui a démontré sa haute utilité sachant que, depuis l’année dernière, aucun incendie de forêt n’a été enregistré. Bien mieux, il s’est produit une spectaculaire reprise du tissu végétal sur les surfaces qui ont été réduites en paysage lunaire par ces incendies ; d’où une nécessité absolue d’un urgent renforcement du dispositif de surveillance et de lutte contre les feux de forêts, sachant que les plantes et arbustes qui ont repoussé sont encore jeunes et ne produisent par encore de grains de semences. Ce qui revient à dire que si un nouvel incendie se produit, ces surfaces deviendront définitivement arides et désertiques.

O. S.