Il était à peine huit heures du matin, hier, quand des jeunes, munis de parasols et de transats, prirent la route vers la plage.
C’est le même paysage de Souk El Tenine à Tichy. Concernant le littoral Ouest, c’est certainement le même topo, du moment que la route y menant à partir d’Amriw était envahie par les automobilistes dont quelques pieds de parasols dépassaient par les fenêtres des voitures, confirmant la destination de ces derniers. Les vacances viennent donc de commencer, la saison estivale étant amputée par le Ramadhan. Alors que cela fait quelques années depuis que la programmation des congés se faisait en tenant compte du mois de Ramadhan, désormais, les gens partent en vacances le lendemain de la fête de l’Aïd du moment que ce mois sacré prend du recul par rapport à l’été. Oui, en effet, cela semble de toute façon le cas, en voyant le nombre de touristes qui ont fait leur apparition au niveau des stations balnéaires de la wilaya de Béjaïa, ces jours-ci. Ce premier week-end post-Ramadhan a été mis à profit par beaucoup de familles pour venir en masse investir le littoral bougiote. Le vendredi et le samedi, les plages de l’Est comme celles de l’Ouest de la cote béjaouie ont été inondées de monde, d’autant plus que la mer n’était pas tellement agitée. Ce n’est que le début du mois de juillet et pourtant, l’ambiance a déjà changé dans les localités de Tichy, Aokas, Souk El Tenine et Melbou, virant subitement de la monotonie habituelle à l’afflux des vacanciers. Ce n’est pas le grand rush, mais ils sont déjà là et ils ont opté dans leur majorité pour la location d’appartements auprès des particuliers, du fait que les chambres d’hôtels sont excessivement chères et les campings familiaux non encore prêts pour les recevoir. «Nous sommes venus de Batna pour passer deux semaines au bord de la mer. Nous sommes habitués à louer un appartement à Aokas où nous avons, désormais, nos habitudes», dira Lakhdar, un père de famille que nous avons accosté dans une superette de la localité où il est allé avec son fils aîné pour faire les emplettes. Les commerçants de la région du littoral reprennent des couleurs après avoir passé cinq saisons estivales des moins rentables suite à l’incrustation du mois de Ramadhan dans celles-ci. Ils étaient habitués à faire de bons chiffres d’affaires durant les deux mois d’été et durant, aussi, le mois de Ramadhan. Ce qui n’a pas été le cas durant ces cinq dernières années. Les hôteliers et les gérants d’agences immobilières sont les plus heureux. Ils ont beaucoup de réservations à partir de la deuxième quinzaine de ce mois. «Pour le moment, j’ai loué à partir de ce premier week-end, six appartements mais j’ai des réservations pour tout le mois d’août et quelques unes pour la deuxième quinzaine du mois de juillet», avouera un gérant d’une agence immobilière de la commune de Tichy. Même son de cloche chez les hôteliers. Le réceptionniste de l’hôtel Safsaf de Souk El Tenine, joint au téléphone, dira que même s’il y a, presque la moitié des chambres qui sont occupées, il ne peut pas confirmer l’occupation totale d’ici la fin du mois, du moment que l’établissement ne travaille pas sur réservation à long terme. Il dira que les clients de l’hôtel sont habitués à appeler la veille pour venir le lendemain. Toutefois, soulignera-t-il, les statistiques augurent d’une occupation totale de l’hôtel à partir de la dernière semaine du mois de juillet et ce jusqu’à la fin du mois d’août. Jusqu’à la fin du mois de Ramadhan, un quart de million de baigneurs ont visité les plages béjaouies et il est attendu que les stations balnéaires de la région de Béjaïa reçoivent, en cette période estivale, une dizaine de millions de touristes. Malgré le manque de commodités, la wilaya de Béjaïa reste l’une des destinations préférées des vacanciers.
A. Gana

