Est-ce la fausse alerte à la bombe dans un établissement hôtelier de la station balnéaire de Tichy, ou les trois terroristes abattus dans la même commune, la série d’orages certes passagers mais quand même pluvieux ces dernières quarante-huit heures ou encore l’approche du mois de Ramadhan qui ont poussé les vacanciers de la côte est de la wilaya à écourter leurs séjours ? Peut-être que c’est toutes ces causes réunies qui ont fait que les touristes ont précipité leur retour au bercail après, pour certains, une toute petite semaine de vacances. Habitués à les voir déambuler et dépenser leur argent dans leurs coquettes communes, les autochtones ont été surpris de constater que « leurs touristes les ont abandonnés » précipitamment cette année. En effet, habituellement, les stations balnéaires ne se vident de leurs invités saisonniers qu’à partir de la dernière semaine d’août alors que cette fois, la majorité est déjà partie.
On n’est pas à la mi-août que déjà certains campings ne sont occupés que par quelques familles lesquelles resteront probablement jusqu’à la fin de ce nouveau week-end, c’est-à-dire jusqu’à samedi.
Les touristes ayant loué des appartements feront de même car ils ont vraisemblablement loué à la quinzaine, soit jusqu’à la mi-août. Cela dit, il y a encore des vacanciers pour peupler les plages, même si la mer est quelque peu déchaînée, ou encore envahir les routes et agglomérations en créant quelques bouchons par-ci par-là. Mais ce qui est sûr, c’est que les vacances sont bel et bien finies en emportant avec elles une grande partie de la thésaurisation. Les pères de famille pensent déjà au mois sacré de Ramadhan qui arrive à grandes enjambées et à la rentrée scolaire qui lui emboîtera le pas.
Cette situation qui met dans l’embarras un bon nombre de citoyens est générée par la cherté de la vie. Après ces vacances très onéreuses, l’opération saignement à blanc se prorogera avec le mois de « piété » durant lequel les commerçants sans scrupules, ces charognards, continueront à augmenter leurs prix au fil des jours pour parfois le quadrupler, durant la semaine précédant la fête de l’Aïd el fitr. Durant ce même mois, les parents seront aussi soumis au diktat des vendeurs d’habillement et d’articles scolaires car la rentrée scolaire aura lieu à la mi-Ramadhan et le malheureux père de famille doit tout supporter car toutes les périodes sont sujettes à des dépenses pour un événement ou un autre et il n’y en a aucune qui lui est favorable, lui qui reste le grand perdant ou plutôt l’éternel pauvre dans une Algérie pourtant prospère.
A. Gana
