Raconte-arts est un festival qui a vu le jour en 2004. Sa première édition a été abritée par le village d’Ath Yenni, sous le thème ‘’La fenêtre de vent’’.
Depuis, c’est devenu une tradition. Un événement incontournable qui s’invite chaque année dans un village différent, avec un thème nouveau. L’idée du festival est celle de trois amis : Hacène Metref, conseiller à la direction de la jeunesse et des sports de Tizi-Ouzou, Denis Martinez, artiste peintre et ancien professeur à l’école des Beaux-arts d’Alger, et feu Salah Silem, ancien graphiste à l’ENAG. Grâce à Raconte-Arts, l’art est accessible à tous. Il s’invite dans les villages les plus isolés de la Kabylie, il vient à la population et non l’inverse. Ainsi, chaque année, pendant une semaine, un village sort de sa routine. Cette année, pour sa 13ème édition qui se déroulera du 23 au 31 de ce mois de juillet, c’est le village de Souamaâ, sis à 35 km de la daïra de Mekla, qui accueillera le Festival, placé sous deux thèmes centraux : « Le royaume de Koukou » dont Souama fait partie (Histoire et imaginaire), et « Femmes et luttes de femmes ». Pour cette année, à Souamaâ, le menu est très riche. Plusieurs activités sont inscrites au programme, durant toute la semaine, de jour comme de nuit.
Des activités de jour comme de nuit
Dans tous les lieux et places du village, sont prévues des journées cinéphiles (2 jours de projections de films et documentaires, en présence des réalisateurs). Une série de conférences et tables rondes avec des débats est également prévue tout au long du Festival. Une scène musicale (Musique, chants, chorégraphies, théâtre) est également au menu, tous les soirs, sous le thème «La nuit du conte sous le ciel étoilé». Les amoureux du livre seront eux aussi bien servis tout au long de la semaine, avec un «Salon du livre» chaque jour entre 10h et midi, auquel participent 8 à 9 maisons d’éditions connues. Ce Salon réunira, éditeurs, auteurs et grand public autour de rencontres littéraires et ventes-dédicaces. La poésie, les Arts plastiques et la photo ne sont jamais en reste à Raconte-Arts, avec diverses expositions et installations. Cette année, le festival accueillera, dans les rues de Souama et en avant-première, l’exposition « L’Art yadjouz », fruit d’une résidence de 15 jeunes artistes plasticiens algériens qui ont travaillé avec talent sur la problématique de la discrimination. Les moments phares du Festival seront animés par Denis Martinez, connu pour sa performance participative. C’est lui d’ailleurs qui donnera le coup d’envoi de la manifestation, au lieu dit «Thajemaat Oufella» du village Souama. Le festival Raconte-Art, ce sont aussi des ateliers d’initiations à diverses disciplines artistiques ou culturelles offertes par le village hôte. Pour ce faire, Souama a prévu beaucoup d’activités qui s’ajouteront à celle du comité organisateur de Raconte-arts (galas, expositions, fêtes traditionnelles, circoncisions, chants ancestraux,…).
Idir, Kamel Hamadi et Aït Menguellet annoncés
Cette année, «il y aura à l’affiche de grands noms de la chanson kabyle dont Aït Menguellet, Idir, Kamel Hammadi et beaucoup d’autres artistes qui sont attendus au village,» selon le président du comité de village de Souama, M. Sadji Meziane, «Ils seront au nombre de 15 grands artistes», précisera-t-il. Notre interlocuteur nous a également indiqué que, «les participants seront au nombre de 350, de nationalités différentes, française, tunisienne, italienne, espagnole… Et la moitié seront des femmes». Au Raconte-Arts, nul ne sera exclu, des ateliers seront ouverts aux petits comme aux grands et se dérouleront tous les jours de 10h à midi. Ils donneront lieu en fin de Festival à un superbe moment de restitution. Le public sera initié aux arts du cirque, du conte, du mime et de la magie, à l’écriture, à l’art de créer des masques ou des costumes, à l’art postal et à l’art ‘’récup’’. Il y aura même une initiation à la culture de la paix. Raconte-Arts est d’abord une fête, la spontanéité créative est à l’honneur, tous les jours et à toute heure. Des spectacles de rue, de musique, des chorégraphies, théâtre, mimes, magies, marionnettes seront proposés au public. M. Hacène Metref, un des organisateurs de festival contacté par nos soins, nous a assuré : «Les préparatifs sont sur la bonne voie, d’ici 15 jours tout sera prêt à 100%». Les organisateurs et toute la population sont mobilisés pour accueillir cet événement. «Toutes les mesures ont été prises et les préparatifs se poursuivent dans de bonnes conditions», nous a assuré un des organisateurs du village. Concernant le problème du financement du festival, monsieur Metref nous a précisé que, pour l’évolution de la manifestation, ils sont «ouverts à tout partenariat». «L’aide de la population, des sponsors privés et des institutions de l’Etat est la bienvenue, notamment celle du ministère de la Culture», ajoutera-til. Ce festival indépendant et hors du commun sillonne la Kabylie depuis déjà plus de 13 années et porte une grande dimension humaine, «rigueur», «ténacité» et «travail» sont les mots d’ordre et le secret de la réussite de ce Festival, conclura M. Metref.
Kamela Haddoum

