Bouzeguène Un seul médecin de garde, le matériel fait défaut… – Rien ne va à la polyclinique de Louda

Comme nous l’avons rapporté à maintes reprises, les habitants des quatre communes de la daïra de Bouzeguène se heurtent, quotidiennement, aux difficultés et insuffisances que rencontre le secteur de la santé dans leur région.

Insuffisance d’effectifs, insécurité indisponibilité de plusieurs services, telle la radiologie, absence d’ambulance et manque de matériel… La polyclinique de Louda voit sa situation s’aggraver de jour en jour. Un seul médecin aux urgences, dans la nuit du 18 juillet dernier, pour ne citer que cette soirée-là. Nous y avons constaté une grande pression sur le médecin présent, obligé de faire face à une vingtaine d’urgences. Chaque patient voulait passer en premier. «Cela fait une heure et demie que j’attends mon tour, je n’ai plus de forces. Si seulement on m’autorisait à aller m’allonger dans la salle d’observation. Le médecin est dépassé. Il y a même une vieille femme mourante qu’on doit prendre en charge. Il faut un autre médecin pour tous ces malades qui ne peuvent se déplacer à Azazga à cette heure tardive», nous dira un vieux monsieur, affligé. Une femme pour sa part nous dira : «J’ai ramené mon père qui a arraché son pansement. Je sais bien que ça ne se fait pas la nuit, mais je m’inquiétais trop, j’avais peur que la plaie s’infecte. Les infirmières auxquelles nous nous sommes adressés nous ont dit qu’elles ne disposaient pas de matériel sterile et que notre cas ne représentait pas une urgence». Elle tiendra à nous préciser : «Cela fait plus de deux mois que je ramène mon père à cette structure, les produits utilisés sont à ma propre charge car ils ne sont pas disponibles à la polyclinique». Une autre citoyenne nous confiera : «L’orientation fait défaut. Ma belle-fille est sur le point d’accoucher, elle a des douleurs atroces et personne ne fait attention à nous».

Le «distributeur» du danger…

Le distributeur de café qu’on a installé dans la salle d’attente est devenu, selon les médecins, les paramédicaux et patients, une source de problèmes et de danger. Des jeunes du voisinage et même d’autres villages rentrent dans l’établissement sous prétexte de s’acheter un capuccino. Un va et vient qui gêne le travail du personnel. En l’absence d’un agent de sécurité le portail reste ouvert H24 et n’importe qui peut entrer.

Fatima Ameziane